La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

î08 LA RE\'UE SOCIALISTE <• incohérentes, l'accroissement spontané du bien-être que le libre jeu « des forces économiques procure de nos jours à l'ouvrier ». Je crois avoir résumé fidèlement la pensée de M. le vicomte d'Avenel; j'ai donc maintenant le droit de porter la sape dans ses théories, et, à mon grand regret, de le prendre en flagrant délit d'incohérence, d'abord, et d'ignorance ensuite, deul( défauts impardonnables à un écrivain qui a la prétention de nous apporter la solution de l'un des plus grands problèmes qui puissent intéresser les nations et les empires - par conséquent l'humanité tout entière. J'ai dit plus haut, avec quel soin particulier notre auteur a voulu établir l'absence de toute solidarité entre les faits sociaux et les faits économiques. Hé bien ! M. le vicomte d' Avenel est d'autant plus coupable d'avoir ainsi mis hors de cause la gestion des intérêts communs, que lui-même a constaté. au cours de son étude, la solidarité qu'il avait niée au début. Parlant des phénomènes qui ont accompagné l'avénement de Henri IV et constatant l'immense misère publique devant les disproportions de prix les plus considérables, il ajoute, - au courant de la plume, comme un aveu échappé à sa conscience - la phrase suivante : « Ce changement de rapport de la valeur des marchandises- <( entre elles, a eu des conséquences sociales incalculables ». li y a donc solidarité entre les faits sociaux et les faits économiques, puisque un cba11ge111ednef rapport de la valeur des 111arcba11dises, suffit à amener des co11séque11cseoscialesi11calc11lables; et nous voilà bien loin de la théorie posée au début, à savoir : << que les faits politiques 01, <i soâaux et les pbé110111è11éecsonomiques so11t i11dépenda11fsles 1111dses « autres ». Ce cri sorti spontanément de la conscience de notre écrivain, suffirait à juger la sincérité des constatations fatalistes qu'il nous présente, comme étant le résultat d'observatio11fsaites sur les bases solidesde ses quarante mille dossiers; mais il nous faut plus encore. Il nous faut établir que ce n'est pas à la légère qu'il faut se hasarder à <( faire parler les chiffres » et que c'est en pareille matière surtout qu'il faut posséder un véritable savoir, parceque rien moins que les cbiffres, ne se prête aux raisonnements faux et au manque de précision et delogique. Dans le but tout à fait naturel de trouver une co1111111mmeesure aux valeurs mobilières dont il se prépare à nous donner l'histoire, M. le vicomte d' Avenel s'est préoccupé tout d'abord d'établir ce qu'il appelle le pouvoir de l'argmt. - C'est même ce pouvoir, qui fait l'objet de la première partie de son œuvre, et pour lui est comme une sorte de préface. Après avoir réduit en francs - ayant pris le métal en poids et non

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