î02 LA REVUE SOCIALISTE Sons silence nous passerons les chapitres en lesquels .M. de :.lolinari s'attarde à démontrer l'existence de Dieu et l'immortalité de l'àmc; ils ne renferment aucun aperçu original, aucun argument nouveau et nous ne sommes pas éloigné de penser qu'à leur suppression le livre de M. de .Molinari n'eut rien perdu. Quand .1\1. de :.lolinari fait ressortir l'étroitesse des rapports qui unissent le progrès du sentiment et du culte religieux à tous les autres progrès et particulièrement au progrès économique, <J.uand il montre le seutiment religieux s·élcvant, s'épurant à -chaque poussée du progrès, il ne fait que développer un des premiers axiomes de sociologie et snr cc terrain il est irréfutable. Mais si, après avoir reconnu la subordination du progrès religieux au progrès éconornique, la tendance à l'immobilisme.caractère commun aux religions, M. de Molinari _peut considérer, ainsi qu'il le fait en des pages qui ne sont pas le,; moins intéressantes de son livre, la foi religieuse comme « premier véhicule <lela conservation des sociétés humaines», peut-il, sans contradiction faire de cette foi religieuse « l'indispensable véhicule du progrès » d<'smêmes sociétés? Etablissant le bilan des religions afin de rechercher si dans le passé de l'humanité leurs bienfait~ l'emportent sur leurs naissances, M. de ))Jolinari donnera des articles de leur actif une longue énumération que nous ne saurio11sadmettre sans modifications. Est-ce bien à l'actif des religions qu'il convient d'inscrire le dogme déprimant de la résignation aux douleurs, aux injustices terrestres dans l'espoir de paradisiaques compensations? ::-i'y a-t-il pas lien d'opérer un virement? Quant au passif religieux, à cc passif si rempli de hontes, d'iniquités, de crimes de toute sorte, dont, par le seul catholicisme, presque tous les articles sont ensanglantés, ))1. de Molinari l'expédie en une •demi-page, terminée par cette affirmation : ((Mais si haut qu'on puisse l'évaluer, cc passif des religions uc forme certainement pas la centièmc partie de leur actif ». Sur la crise sociale actuelle la théorie de :.I. de Molinari peut être ainsi résumée : Les causes de la crise son morales, <loncmoraux devront être les remèdes. Or, l'économie politique et la religion apparaissent comme les seuls remèdes efficaces, la conclusion est toute dégagée. Kous n'insisterons pas sur cc point pour établir l'inexactitude d'une telle conception de la crise actuelle; pour en définir le véritable caractère, le lecteur curieux pouna lire avec fruit l'exacte et éloquente définition que Benoit Malon en a donnée <lans le Socialisme Intégral (1re partie) ; pour l'instant nous
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