LA REL!GIOX D'APRÈS UN Éco:rn~!ISTE G99 LA RELIGION D'APR~:S UN ÉCO:\'OMISTE (l) Il méritait ici mention spéciale cc livre, signé d'nn nom dont s'enorgueillit l'économie politique lib{•ralc. A dire vrai, les qualités ordinaires de M. de l\Iolinari, finesse d'observation, méthodisme rigoureux, clarté d'ex position nous faisait à p,·iori considérer comme particulièrement agréable la tàche de le suivre dans son incursion sur le domaine religieux. C'est dans nn complet oubli des attaques souvent injustes dirigt'!cs par lui contre le socialisme, avec dans l'esprit des préventions plutôt favorables, que nous avons abordé l'examen du livre de notre éminent adversaire. Une analyse minutieuse, détaillée, d'une œuvre de cette importance eut sans doute présenté intérêt mais nous eût entrainé beaucoup trop loin hors des limites ordinaires d'une étude bibliographique; à regret clone nous avons dù passer sous silence, non seulenwnt les questions de détail, mais encore certaines affirmations qui appelaient discussion. Avant d'entrer dans l'analyse qualilati ve des matériaux employés à l'édification de l'œuvre, je rais m'cfforcrr d'en tracer le plan général, d'en donner une aperception synthétique. Les dures conditions de l'existence, U•pouvantc ou la joie qui lui vienne des phénomènes naturels font naitre en l'homme le sentiment religieux. Cc sentiment qui a ét,'., en s'épurant, en s'élevant en mème temps que s·accomplis~aicnt les autres progrès, progrés économiques surtout, a été la" faculté civilisatrice >J de la race humaine. Sans lui, cette race ne se fut guère élevée au-dessus du niveau des autres races animales. Au sein (1). La Religion, par M. de Moliuari. P.,ris, Guillaumin; prix: 3 fr. 50.
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