La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

698 LA REVUE SOCIALISTE pays Mait un phénomène en rapport avec l'état des affaires dans ce pays, avec sa situation économique g{•nérale, avec l'abondance de sescapitaux, avec la quantité de son numéraire. I'\ous pensions aussi qne lorsque la Banque de France élève le taux de son escompte c'est par nécessité. Avertie par le cours du change qui devient défavorable (le papier sur l'étranger se négociant audessus du pair parcequP,lcspaiemenls à taire à {elrongersont beauc01,p plus importants que les paiements à rccevoi1') la Banque élève le taux de son escompte. Par ce moyen, elle diminue beaucoup le papier qu'on !ni présente à escompter, Plie diminue aussi pat· conséquent le nombre des billc-ts en circulation (puisqu'elle fait l'escompte par ses billets). En rcstreigna11t sa circulation fiduciaire, elle restreint également le nombre de billets de Banque qui srront présentés à son guichet pour ètre convertis en or et servir à effrcLucr des paiements sur l'étranger qui se font en or. Elle défend donc son encaisse. - Son i1ttérêt bien entendu la guide. Quand elle diminue le taux de l'escompte. c·est encore parceque la situation générale des affaires le permet et c'est aussi le souci de son intérêt G.Ui l'y pousse. Recevant moins de papier commercial à escompt,:r, elle gagne moins parccqn'elle fait moins d'affaires. Aussi dès que le cours du change 1€\permet, et qu'elle n'y voit aucun danger, elle abaisse le taux de l'escompte. Le papier arnue et les bénéfices augmentent. En tout ceci, nous ne voyons rien qui ressemble a une concession gracieuse. Il faut vraiment que la cause soit bien mauvais<>,pour qu'un homme de la valeur de ~1. Burdeau, ait pu se servir d'une argumentation aussi sophistique. Concluons donc que la contribntion de deux millions et demi demandée à la Banque de France est complètement insuffisante et qu'on ne peut. même en seplaçant au point de vue le pl us bourgeois, justifier sérieusement la modération d'une telle demande. Dans un des derniers paragraphes de son rapport, M. Burdeau repousse l'enquête monélai rn demandée par Antidc Boyer. C'eut été cependant le seul moyen de vérifier sïl est vrai, comme Chirac l'a avancé avec force preuves à l"appui dans son livre si intéressant: Où est l'argent?, que l'encaisse or de la Banque n'existe plus et que les bilans publiés sont mensongers. Du reste, nous suivrons cette discussion et nous ne manquerons pas de taper sur les doigts des députés, qui dans leur zèle capitaliste, viendront nous débiter des histoires; et nous montrerons qu'il n'y a de solution honnête et efficace que dans la solution socialiste, c·est-à-dire dans la nationalisation du credit. A. DELON.

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