LE PRIVILÈGE DE LA BANQUE DE FRANCE 697 ou de l'Etat, d'une contribution annuelle de 2 millions et demi versé au Trésor, à partir de la prorogation du privilège. Il est vrai que« la Banque d'Angleterre paye, sous forme de droit « d"émission, une contribution de -1millions et demi. La Banque « de Belgique abandonne à l'Etat un quart de son bénéfice après « distribution de 6 0J0 aux aclions; et cette formule appliquée à « la Banque de France donuerait environ 4-.300.000 fr. à l'Etat. « Enfin la Banque d'Allemagne qui n'a attribué à l'Etat de 1876 « à 1888 que 2.--no.ooo fr. en moyenne par an, a fait espérer, « mais rien garantir, un tribut annuel de 3. 900.000 fr. :. Les Banques des pays voisins fournissent donc à l'Etat une somme bien plus considérable que celle qui est demandée par notre rapporteur. Pourquoi cette ditlérence? La raison est naimcnt extraordinaire. La voici, par exemple pour la Banque d'Angleterre. Le taux moyen de l'escompte pour la Banque d'Angleterre a été pl us élevé, de l 885 à 1801, èc 0 fr. 41 centimes pour cent que -celui de la Banque de France, cc qui représente pour notre commerce un bénéfice annuelde3.820.000. Cetacledegénérosité spontanée à l'égard du commerce, expliquerait la modestie de la somme exigée pa1;l'Etat. M. Burdeau, aveuglé par sa subite sympathie pour les gros financiers, fait ici un raisonnement étrange. Il nous représente le taux de l'escompte comme chose arbitraire, modifiable, que -chacun peut fixer à son gré et suivant ses caprices. Si la Banque de France prélève un escompte moindre, c·est un effet de sa bonté et non des circonstances économiques. C'est à peu près comme si les rentiers venaient réclamer une exemption quelconque de taxe en vertu de l'argument suivant: Au commencement du siècle nous percevions û 0t0 des capitaux prêtés à l'Etat. Aujourd'hui nous nous contentons de 3 1J4 % . Yoyez notre désintéressement. 'ous avons fait à l'Etat une très grande concession. Qu'il se montre reconnaissant à son tour en nous allégeant de certains impôts. Yous ne manqueriez pas de répondre: Pardon, si vous ne touchez plus qne 3 ½ de votre argent, ce n'est pas par un acte ~pontané, libre, par un effet de désintéressement ou de patriotisme; c'est uniquement par nécessité. Le taux de l'argent a baissé et baisse sans cesse. C'est ce phénomène naturel, c'est cette loi économique sur laquelle nous ne pouvons rien, qui réduit malgré vous et contre vous votre revenu. L'escompte n·est que le prix du loyer de l'argent. Le même raisonnement lui est applicable. Nous avions cru jusqu'à présent, avec l'unanimité des éco• nomistes et des financiers, que le taux de l'escompte dans un
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