LF, PRIYILÈGE DE LA l>A.S-Ql'E DE FRANCE GOZ> penser des risques a11xqtwls il n·est pas exposé, on lui alloue un dividende de 18 à 10 ¾- On répondra peut-l'tre qu'en cas de crise, ces rentes constitueraient une précieuse garantie du remboursement des billets. D'abord, remarquons que la baisse des fonds publics inévitable dans de semblables circonstance,; réduirait de moitié cette garantie. Cette garantie ne serait réelle que si les 182 millions et demi de capital étaient déposés en or dans lrs caves de la Banque, car la valeur de !"or est à peu près stable. Mais cette solution n'est pas pour plaire ;'t Messieurs les financiers, parce que le métal précieux ainsi gardé en réserve ne r·apporle point dïnterét. Du reste, l'expérience a prononcé. Deux fois la Banque de France a été sérieusement menacée; En 1818 et en 1870. Jamais on n'a été obligé de vendre les rentes du capital-action, dont la réalisation n·aurnit pas suffi à conjurer tout danger. Les sommes ainsi obtenues auraient ét0 englouties sans profit réel et sans diminner l'intensité de la crise. Le salut est alors venu de l'Etat, qui a déclaré le cours force des billets. C'est le crédit national qui a sauvé celui de la Banque, c'est la richesse du pays, la bonne renommt'·e de ses habitant , leur solvabilité bien connue, leur esprit d'ordre et de travail, qui 011t été offerts comme garantiedes billets. En défini live, la Banque de France appelle l'Etat ù son secours en cas de cri,;e. Réduite à ses seules forces, elle est incapable dese défendre. Elle ne se maintient que par n:tat représentant la nation entière. Dans les périodes de calme et de tranq uillité,elle perçoit les b!'.>néficrsde son monopole, sans aucun sacrifice sérieux au profit. du public ou de l'Etat. Voilà un étrange contrat. dans lequel tous les avantages sont d'un coté et toutes les charges de l'autre. C'est ce contr11t que nos députés s'apprêtent à renouveler. On arguera des services rendus par la Banque à l'Etat pendant la période critique de 1870-71. Remarquons d'abord que ces services ne sontrien comparés ù celni que l'Etat a rendu à la Banque, en la soutenant de son crédit et en la sauvant d'une ruine probab!e .. Remarquons en outre que ces fameux services ont été pour la. Banque une excellente affaire et une très heureuse spéculation. Les actionnaires, en récompense de leur patriotisme, ont fait le sacrifice de toucher un dividende de 360 fr. environ par action de mille francs, pour la période de 1870-71, au lieu de 180 fr. dividende moyen. Le capital de la Banque étant inutile et n 'ayantjamais rendu
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