.. ü9i LA REVliE SOCIALISTE L"absonce de lïnlérèt privè chez les administrateurs peut faire· craindre quelq uos négligences, mais préservera aussi de certains abus nuisibles à l'Etat, nuisibles au commerce, sans. compter la suppression des di videndos prélevés sur le travail national. Comme le conçoit ~1. Georges Dazet (Lri flanque de France, (i.nclup,·ivilège, par Georges Dazot, Garnier éditeur) on pourrait. faire de la Banque un service public, institué dans l'intérêt de' tous, contrôlé par le ministr(• des financcs qui con li nuerait à no1,1mcr le gou vernour cl los deux sous-gouverneurs,mais administré 11011 plus par les doux cents plus gros actionnaires (car ainsi que nous le verrons plus tard le capital-actions est inutile) mais par un corps indépendant, électif, représentant, dans leur expres-- sion la pins haute, les intérêts supérieurs dn commerl!e et de l'industrie française. Le Conseil supérieur de la Banque pourrait. 6tre nommé par les membres ou anciens membres des tribunaux de commerce, des chambres de commerce, des tribunaux de prud"hommes, des bureaux des chambres syndicales. On y joindrait quelques trésoriers-payeurs généraux, à cause des relations du Trés•)r avec la Banque. Le commerce serait enfin affranchi de la domination des financiers et chargé de so gouverner Juimème. La limitation légale des émissions, fixée par la loi definances do 1881, à 3 milliards 500 millions, pourrait être maintenue en principe, de façon à rr.ieux garantir la Banque contre les emprunts dégnis('.•s de l'Etat. Dans ces conditions, une Banque nationale pré~entcrait tous lc>savantages de la Banque de France, pour cc qui toudw à l'iutér<!t général et à la prospérité du commerce et de Jïndustrie. Les seuls changements à enregistrer consisteraient dans les concessions et facilités de toute espèce que le nouvel établissement pourrait accorder au public. Tout serait donc pour le mieux. Les actionnaires seuls étant. supprimés et par conséquent les dividendes, il n'y aurait en moins quo les parasites et les prélèvements sur le travail commun. Il existe, en effet, une notion que ron ne s~urait trop faire· connaitre: Lo capital-ac:tions de la Banque (182 millions et demi) ne joue aucun roll), c:st d'une inutilité complète. Par suite, les dividendes mo.Yf•nsde 18 à 19 % qu'il perçoit ne peuvent pas être justifiés par les services rendus. La preuve, c'est que ce capital dort bien tranquille, placé en rentes sur l'Etat et ne jouant aucun rùlc dans les opérations de la Banque de France. Voilà bien d"étranges actionnaires; leur capital jouit d'une complète sécurité ; il touche un intérêt de trois et quart pour cent. De plus, pour rémunérer les services qu'il ne rend pas et pour com-
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