La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

(388 LA REVUE SOCIALISTE gateurs intermittents et subjugués il pouvait compter Châteaubriand, le patriarche littéraire, Béranger, le poète national, et nombre de célébrit~s plus récentes et plus militantes, Victor Hugo, Lamennais, Geuges Sand, Eugène Süe, Esquiros, Daniel Stern, François Huet, Eugène Buret, Pierre Dupont, Lachambaudie, etc. Ce ne sont là que quelques noms et c'est une longue liste que nous devrions dresser, car toute la littérature française était imprégnée de soci~lisme. Devant un si irrésistible courant de sympathies, Henri Heine était bien autorisé à écrire : C'est un avantage incalculable pour le socialisme qu'il ait pour lui tous les grands esprits, et que ses adversaires, sïl en est, ne se dcfendant que par une plate ncccssité, sans confiance en leur droit et même sans estime foncière pour eux-mèmcs. Et combien nombreuse est l'armée des représentants directs du Socialisme ! A côté des saint-simoniens, Enfantin, Barrault, Michel Chevalier, Hyp. Carnot; des fouriéristes, Just Muiron. V. Considérant, Toussenel, Victor Meunier, H. Renaud, Barrier, Pellarin et de trentaines d'autres écrivains estimables et propagandistes actifs et éminents des deux écoles mères ; c'était une pléïade de penseurs se distinguant par une théorie particulière autour de laquelle ils groupaient de nombreux disciples. Pierre Leroux s'efforçait de marier son pythagorisme évolutionniste avec de vagues aspirations humanitaires et communistes. Buche{ fondait l'écolecatbolico-co11vmtio1111elle t se faisait, en France, le premier champion des associations ouvrières. louis de Toureil nous donnait, sous le nom de Fusio11is111e, une religion humanitaire fondée sur ce principe : Tous les êtres de l'Univers formés d'une même substance et destinés à réaliser l'être universel, doivent vivre les uns dans les autres, ce qui implique l'amour uni\'crscl. Le reflet social d'une semblable immersion dans l'être universel ne pouvait être que le communisme le plus parfait, et c'est en effet le communisme idéal qui règne dans les Po(1'âmes du monde fusionien. Raspail avait été frappé de la déperdition des richesses et des forces dans la société individualiste, et il voulait, par l'association des efforts et par l'organisation des services de consommation, accroître les ressources et le bien-être, faire circuler la vie dans Je grand corps politique avec la même puissance et la même régularité que dans le cœur humain, en un mot (( faire de l'Etat une grande famille ». C?ecqueur posait, dès 1836, les fondements du collectivisme moderne. La solution, disait-il, dans son Economie soâ.J/t, la solution est dans la ,ocialisation graduelle des capitaux productifs, ou en d'autres termes, de la matiêrc et des

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