La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LUXDIS SOCIALISTES 68i communautaire de son choix, où il ne serait assujetti, compte tenu de sa vocation et de ses préférences, qu'à un travail attrayant, varié et de peu de durée, les progrès mécaniques permettant, amplement, cette économie èt cette meilleure direction de l'effort humain. Telle est l'originale doctrine de cet irréprochable bienfaiteur des 11ommes, à la vue si juste et aux pensées si hautes qui travailla,soixante .ans, sans se lasser, à la f.!licité publique. Jamais on avait réuni à ce <legré les audacieuses conœptions et le praticisme méthodique. Robert Owen, au même titre que Saint-Simon et Fourier, doit être honoré comme l'un des plus grand, précurseurs du socialisme moderne. Il en fut le meilleur et sa bonté infinie, son infatigable dévouement social ajoute à sa gloire. XVlll.- LE SOCIALISME FRANÇAIS DE 1830 A 1851. Eifioresce11ce du Socialisme Français, ses co11quéles/itliraires. - Remarque d'Henri Heine. - Saiut-Simonie,u el Fouriirlstes. - Pierre Leroux, Buche{, de Toureil, Raspail, Pecq11eur, Vidal, Louis Blanc, Colins de.- Paris après 1840.- Un souvu:ir de Bakounine. - 1848. Si brillant, si adoré était sorti le Socialisme des écoles saintsimonienne et fouriériste qu'il s'imposa rapidement à la partie éclairée de l'opinion française, pour de là commencer la conquête de !"Europe, éclatant de poésie, de jeunesse et de foi. « Il est, dit Blaze de Bury dans son Essai sur Gœtbe, il est une heure heureuse et ~harmante où les idC'ess'échappent du cœur, une a une, sans ordre et sans suite, presque sans ressemblance, on reconnait la source d"oû elles partent ainsi que leur aimable parenté, à la grâce naivc qui les décore ; elles s'ouvrent au soleil de côté et ,d'autre et fleurissent isolées. Epoques dïllusions ineffables, printemps de la vie des poetes. Printemps des idées aussi que ces époques d'optimisme vaillant, de prétentieux mais généreux subjectivisme, d'ardente et <le vivante foi, époque où le culte de l'idéal colore l'obser\'ation des faits, où l'espérance qui domine, parée de couleurs les plus éclatantes, de tous les scintillements prismatiques de l'éternelle illusion, revêt autant de formes qu'elle passionne de penseurs, et s'élève à autant de degrés qu'elle entraine de croyants. Ainsi peut ètre caractérisée l'effiorescence socialiste française de 183oâ 1851. Le Socialisme avait alors si bien le vent en poupe, dans le monde lettré que, en dehors des socialistes proprement dits, parmi ses propa-

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