086 LA REVUE SOCIALISTE surtout à la propagande écrite ; il fonda ou inspira plus de vingt journaux et publia un• nombre incalculable de Tracts, pour vulgariser sa théorie qu'il appelait le SysNme rationnel et dont nous voudrions du moins donner une idée sommaire : L'accroissement inouï des forces mécaniques suffirait, dit Owen, pour satisfaire amplement tous les besoins de la population du globe, et pourtant, le plus grand nombre, exténué de travail, gémit dans la misère. Le mal vient du Salariat ; il vient aussi de ces religions impuissantes, qui tentent de justifier les iniquités sociales, par de menteuses promesses extra-terrestres. Le mal est donc à la fois : philosophique et économique. Le remèJe est dans l'extirpation des religions révélées et dans l'établissement d'institutions communautaires. La fatalité domine rhomme ; ses convictions, ses actions, ne sont que des résultats de son organisation originelle et des influences extérieure~. L'irresponsabilité est une loi naturelle. Il n'y a ni bien ni mal; il n'y a que des malades,que des moralités souffrantes. A la donnée chrétienne du salut individuel extra-terrestre doit se substituer celui du bonheur terrestre ayant, avec ses nouvelles justices familiales, politiques et économiques, sa morale nouvelle qui rendra tous les hommes heureux, justes et bons, en ayant pour base la bienveillanà mutuelle. Qµe faut-il pour cela ? 1 ° Une religion rationnelle et naturelle qui aurait pour but la recherche de la vérité. l'étude des faits et des circonstances produisant le bien et le mal t:t, pour prescription morale, le commandement d'aimer ses semblables, d'ètre fraternel avec eux, compatissants envers tout ce qui vit, sans oublier de se bien gouverner et de vivre heureusement ; 2° Un gouvernement rationel, électif et réi:,ublicain, qui consacrerait la responsabilité sociale et règlerait les choses de telle sorte que chaque membre de la communauté serait toujours pourvu des meilleurs moyens de consommation,à la condition de travailler selon ses moyens et son industrie. Du reste, la tâche de chacun serait douce et facile, vu les progrès scientifiques et mécaniques qui ont agrandi la destinée de l'homme contemporain. Dans ce système,l'éducation sociale prendrait l'enfant dès la salle d'asile et le façonnerait jusqu'à l'âge de quinze ans, sans recourir aux moyens coërcitifs de l'éducation actuelle. Le sentiment de l'émulation, le contentement des maitres et des camarades, voilà pour les récompenses; le délaissement et le mépris des camarades, voilà les correctifs. Ce n'est ~u'après avoir été développé intellectuellement et physiquement, que l'adolesçent entrerait dans l'atelier coopératif ou
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