La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LGXDIS SOCIALISTES G85 Prêchant d'exemple, il se fit agitateur et organisateur; et, aidê par d'enthousiastes disciples parmi lesquels Travis, Wansittart-Néale, Booth Alger, Flessing. Hanhart, Roume, Baxtcr, Haslin, Combe, Allen Thompson, Holyoake, Rodrigues etc., il inaugura brillammeut le mouvement coopératif qui, depuis. a fait si grande figure dans le monde. Les débuts d'Owen furent brillants. Dans le parti radical anglais on tenait le rUormateur gallois pour l'un des plus grands hommes de l'Angleterre et on l'appelait communément le p.1triarcbe de la "R._aison. Dans les rangs des conservateurs même et jusque dans la plus haute aristocratie anglaise, Rob~rt Owen comptait des sympathies nombreuses. Le duc de Kent, le père de la reine actuelle, alors héritier présomptif,se disait ouvertement le disciple et l'admirateur du fondateur de New-Lanark. Toute cette faveur fut emportée en un clin d'œil, comme la rosée devant le soleil. Owen, avons-nous dit, poursuivait le bien de l'Humanité entière; il comprenait très bien que p:)Ur cela ce n'était pas seulement de législation industrielle et de coopération qu'il s'agissait, mais d'une rénovation intégra.le, c'est-à-dire philosophique, politique, économique. D'aucuns s'inquiétaient de cette tendance. Cette inquiétude se tranforma en stupeur, lorsque le novateul' fit précéder l'exposé de son système d'une critique virulente; le christianisme fut qualifié de monstruosité.la famille d'institution oppressive et démoralisante, la propriété individuelle d'iniquité à détruire. li disait sans ambages : « De m~me que les systi11w religimx absurdes et que la propriété individudle, lt> miriag~ et l'ancienne famille doivent aussi disparaître. Et .:'est pour le bien, car cette trinité religieuse, propnëtaire et familiale est la plus m:>nstrueuse combinaison qu'on ait pu imaginer pour frapper la race de maux intellectuels et de maux physiques.» Quant aux radicaux, il leur reprocha de négliger les questions essentielles pour s'amuser à des e11.fi111lilla1?,es. li n'en fallait pas tant pour transformer en /on dangereux le patriarche de la Raison. La mort du duc de Kent, son fidèle protecteur, étant survenue sur cette entrefaite, Owen vit succéder, sans transition, la plus violente hostilité aux innombrables sympathies de la veille. Mais l'homme de bien ne se laisse pas décourager. Fort de sa conscience, il se tourna exclusivement vers la classe ouvrière on le vit même devenir un moment le redoutable porte-voix des Chartistes. Ce fut une vie nouvelle, alternée par des essais infructueux de colonies communistes en Amérique, et par une campagne de propagande en France où se constitua un groupe owénien dirigé par Jules Gay, Evrat et Radiguel. Toute cette activité n'empêchait pas le grand socialiste de se v;>uer

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