La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LA Dk.POPULATIO:S- DE L.\ FR.\li('E quiers, inùustricls et commerçants) plus puissant.e qne part.out ailleurs? En rffet; mais remarquons aussi que la concentration des capitaux et drs propriétés entre les mains de cette cla • e dirigeante est arrivée à un degré tel quïl n'existe pins, èt l'heure actuelle, en Angleterre, ni petite bourgeoisie urbainr, ni petit propriétariat agricole. « Savrz-vous, disait .\I. J. Bright dans un discours prononcé à Birmingham lr 27 aoùt 1866, que la moitié du sol ùr l'Angleterre et possédée par 150 individus? Savrz-vous que la moitié de la terre d'Ecosse appartient. à 10 on 12 personnrs? J'.:tes-vous si instruits de cc fait que le monopole ùe la propriété foncii•rc va sans ce se en croissant et devient de plu,,.en plus exclusif?> « L'Angleterre - ùit M. de Laveleyc - est le seul pays où depuis le moyen âge la propriété a ét.é se concentrant toujours davantage, où le cultivateur-propriét.aire, au lieu de gagnrr du terrain, a entièrement disparu. » Et, liant ce fait économique au phénomène de la dépopulation. M. ùe Laveleye ajoute: ,1 L'accroissement excessif de la populatio11, autre causr du paupéri me, est amené par la trop grande co11ccntration de la propriété. Rien ne pousse plus it l'imprévoyance que la situation précaire du salarié, rien n·engage plus à la prudence que la possession d'un bien-fonùs. Arthur Young, partisan ùl'.·cidéde la grande pt·opriété, avait annoncé que le morcellement. de la terre ferait ùe la France une garenne de lapins; or, l'on sait qu'il n'est point de pays où la population augmente si lcntrment. » Ainsi, en Angleterre, l'extrème concentration ùe la propriété indh·iduelle a pour résultat un accroissrment excessif de populatiou: en France, l'extrème diffusion de la propriété individuelle a pour conséquence une diruinutiou cxcessh·c de la natalit.é. Ces deux phénomènes inrnrses aboutisrnnt, d'ailleurs, au même résultat : en Angleterre, la nation souffre de pléthore prolifique; en France, nous souffrons de stérilité. Mais souffrir d'une façon ou souffrir d'une autre, c'est toujours souffrir. Il faut le reconnaitre, d'ailleurs, une cause spéciale a singulièrement favorisé dans la Grande-Bretagne, en mémc temps et la. constitution de la grande propriété foncière ou capitaliste, et l'accroissement de la population. Cette cause est dans les lois et dans les mœurs. Lr droit d'aînesse, qui attribue tous les immcublPs au pr1•mier-né de la. famille, et la coutume de marier les filles san!:ldot, ont évidemment créé un état de mœurs propre à accroitre la procréas

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