La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LUXDIS sor.IALlSTES ûi9 Il nous suffira de citer Bazard, Enfantin, Barrault, Olindes Rodrigues, Hippolyte Carnot, le père du président de la République, Michel, Chevalier, Pierre Leroux, Jean Reynaud, Edouard Charton, Buchez, Lemonnier, les frères Péreire, Henri Heine, Adolphe Blanqui, Louis Jourdan, Lachambaudie, Perdonnet. Félicien David, Ariès Dufour, Pecqueur, A. Guérroult, F. de Lesseps, Elisa Lemonnier ... ( 1). Combien de noms il faudrait joindre à ceux-là pour dénombrer toute la glorieuse phalange de ces jeunes hommes et de ces jeunes femmes, dont quelques-uns s'assagirent bien trop. plus tard. Mais tous alors formaient une sorte d'enthousiaste chevalerie de la rénovation humaine qu'ils voyaient dans l' E111a11cipatio11 d,s prolétaires et dans I' E111a11c1patio11des femmes, dont ils avaient fait le but de leurs efforts et qu'ils préconisaient avec un ardent dévouement et une éloquence incomparable. A la fois savante et attrayante était leur doctrù1e. Partant de l'idée de perfectibilité, entrevue par Vico Lessing, Turgot. Kant, Condorcet, ils virent dans l'évolution humaine une alternative d'époques critiques et d'époques orga11iq11es. Nous sommes, disaient-ils, à la fin d'une époque critique qui emporte avec elle le christianisme, le militarisme et l'exploitation de l'homme par l'homme. Nous entrons dans une époque de paix, de travail, de solidarité, où la politique, au lieu d'être gonveme111e1d1ets bommes deviendra 11d111i11isfratio11 des choses ; la paix succédera à la guerre. l'activité productrice à l'activité destructive; l'association au salariat, l'amour à la haine, le concours aux antagonismes; le bien de tous au privilège de quelques-uns; la recherche du bonheur aux stériles et égoïstes mortifications chrétiennes en vue du salut individuel. Ainsi sera réalisé l'age d'or. qui n'est pas derrière no::s, comme l'ont dit les poètes, mais devant nous. L'homme vent, pe11se,agit; l'élite humaine doit, par suite, se diviser en artistes qui émeuvent les hommes. en savai1ts qui les éclairent, en industriels qui dirigent leur activité matérielle, et le but de tous doit être l'11111élioratimo1o1rale et physique, /'acbe111ine111aeni:t bien-être de la classelaplus nombreuseet la plus pauvre. La division sus-indiquée nous dit le but général de l'enseignement rénové. Ce sont des artistes, des industriels, des savants qu'il s'agira de former. Pour chacun d"eux, il y aura une instruction spéciale; pour tous il y aura l'éducation morale, qui se présente comme une sorte de préparation à toute~ les destinées individuelles ; au terme de cette éducation auront lieu les élections, dont le but sera de répartir les individus selon leur aptitude et leur vocation. Tous les hommes sont (1). Auguste Comte et Augustin Thierry venus les premiers, étaient déjà repartis pour suivre chacun sa voie propre et l'on sait avec quelle gloire.

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