668 LA REVUE SOCIALISTE soutenue par rexciternent du combat, sombrent presque toujours sous la pression des anciennes traditions. C'est ainsi que la Bourgeoisie forcée, après les violences de 1793, de revenir aux coutumes de l'Ancien régime, ne put résister à la tentation de se donner au maitre absolu. Et ce n'est qu'après vingt ans de sang répandu, que les bourgeois, en ayant assez, chassèrent Kapoléon 1er et fondèrent une liberté suffisante pour y développer sincèrement et tout à leur aise des mœurs purement capitalistes, La victoire serait médiocrement féconde si, pour des nécessités analogues, le prolétariat, devenu le maitre de la société bourgeoise par la force des armes, allait se servir pendant de longues années, des ressources de cette société, uniquement en jetant sur ses épaules un manteau bourgeois d'emprunt. La classe ouvrière a mieux à faire que d'occuper bourgeoisement un pouvoir enlevé à la bourgeoisie. Son triomphe doit donner le signal de la mise en pratique des idées collectivistes et communistes, et pour franchir cette nouvelle étape de la civilisation, le prolétaire victorieux aura instinctivement à garder le souvenir que ses peines, ses souffrances et sa situation précaire passée n'ont reçu une tin, que par la réunion des efforts et des sacrifices de chacun, eu la puissante force de la Communauté, partant que jamais son intérêt individuel ne trouva satisfaction plus entière, qu'en se réuni5sant à l'intérêt général. Les surprises sans cesse renouvelées d'une révolution violente vont à l'encontre d'une semblable élaboration de la conscience d'une société naissante; elles risquent pluiùt de faire rechercher le repos dans les anciennes croyances, et contribuent ainsi, pour leur part, à la réaction. Avec celle-ci les effets désa- .grégeants ne cessent de se produire: Les intérêts se diversifient de plus en plus, le découragement s'empare des uns et lïmpatience agite les autres. Aussi la crainte de la réaction a-t-elle été ressentie par plus d'un socialiste, et les a empêchés de souhaiter une solution violente<<outre les irréparables sacrifices <levies humaines qui ensanglantent les jours de lutte, dit l'auteur du Socialisme JJitég1·al (2• vol. p. 26) il faut toujours compter en révolution avec la longue, l'inévitable et terrible erise de transition et de misère générale, pendant laquelle tout le monde soufüe et qne suivent le plus souvent les moments de découragement et de doute, si favorables aux réactions inexorables. » Pour diminuer les chances de la réaction, si une révolution subite devait survenir, il est de toute nécessité d'initier et de eonvertir les masses aussi vite qne possible, et bien plus complètement qu'elles ne le sont en ce moment, à des principes et à dés
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