LA DJ'.:POPl'.LATION DE LA FRANCE 63 La classe ouvrière, celle qui n'attend et n'espère que de son travail le pain quotidi,..n, n'a pas ces soucis, ces craintes, cet égoïsme de situation, qui hantent les possédants. Sans doute, dans le dur combat pour l'existence auquel il est assujetti, l'ouvrier des villes est incapable de nourrir et d'élever, avec son seul salaire, plusieurs enfants. Mais il faut dire aussi, que, dès quïls ont passé leur douzième année, les enfants de l'ouvrier sont livrés à l'atelier, à l'usine. Loin donc alors d'être une charge pour la famille, ils lui apportent leur concours. Ils gagnent assurément au moins leur subsistance. Il en est de même pour 1'ouvrier rural. A peine peu vent-ils marcher seul·, que les enfants du travailleur agricole sont Mjà des aides économiques. Le paysan panne les emploie à une foule de pclils trarnux, et plus lard, les loue comme domestiques de ferme. Ouvriers urbains et ou nier;; ruraux sentent clone moins, au demeurant, le poids d'une progéniture nombreuse que l'artisan, le petit bourgeois, le propriétaire mo~en. Les motifs qui pousse11t ceux-ci ,l se restreindre, n·exi lent donc pas pour ceux-là, ou dn moins n'existent qu'à un bien plus faible degré. « Si l'on en pournitjuger, - écril :.\I. Hichet - par quelques exemples isolés on par les mœurs génfrales, 11011dsiri011s que parmi les OU\Tiers cc sont précisément les moin- pauvres qni ont lrs famillt.>sles moins nombreuses. » Les derniers tableaux publiés le l l octobre 1800 il l'Offtciel éclairent singulièrement les conslalations qui précèdent. Sur les 87 déparlemenls qui parlag-enL la France, a:2- soit le tiers - acc11:.ent,pour l'année 1888, un cxcéJent de décès sur les nais-anccs. Cc sont les départements les pins richrs, ceux qui contiennent la plus forte proportion de propriétaires aisl·S : le Gers, !'Hérault, la Gironde, l'Eure, le Calrndo", le Lol-et-Garonne, l'Orne, la Ila11le-Garonne, la Seine-et-Ois1', Pic. Par contr", parmi les déparlcmcnls qui présentent le plus fort excédant des naissances sur les décès, q11els sont ceux qui viennent en tête de ligne? Les départements ruraux les plus pau,-res, et les départements industriels où la population ouHière est la pins agglomérée. Ainsi le Finisli•re compte 6,892 naissances de plus que ses décès; le :.\Icrbihan, 4,1:'>0; l'[lle-ct-Vilainc, 3.·1:.i3; la Vendée, 3,a61; la Haute-\'irnnc, 3,023; les Cotes-du-~ord, 3.196; la Cqrse, 2,883; la Corrèze, 2,327; les Deux-SèYres, l,ul2, etc.
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