LES ORIGIXES DU SOCIALIS~!E ALLE~!A'.'iD 657 des céréales et autres objets de vente; ils tendent et augmentent le prix du blé, de la farine, de l'orge et autres objets nécessaires à l'alimentation, et précisément, en vendant plus cher, ils dépouille11t, épuisent et dévorent par ces manœuvres la misérable plèbe, et s'essuient ensuite le visage comme après une belle action. » Bien que Luther n'ait pas embrassé la question sociale dans son intégralité, il n'en a pas moins posé les bases du Socialisme. Avec une admirable perspicacité, il a vu la puissance reproductive de !'Argent, abandonnée à elle-mème, amenant successivement à la pauvreté la plupart des grns aisés ou riches, aggravant même la pauvreté des i11digents et des plus faibles. - La grande industrie rejette les petits patrons dans le salariat, afflige les ouvriers eux-mêmes d'une existence plus pénible, plus inquiète. Luther, bien avant le développement de l'industrie, a prévu la fatalité qui pousserait les hommes, si la conscience humaine ne se mettait pas en travers, sous la domination économique d'un petit nombre de privilégiés. Le premier, Luther a formulé toutes les réponses aux objections faites au socialisme. Le socialisme entrainera-t-il la liberté humaine? :\fais la véritable liberté ne consiste pas dans une hardiesse désordonnée, dans un d~règlement dénaturé, mais dans la communion fraternelle des hommes. - Est-il illicite et injuste que la loi intervienne dans « les contrats passés entre hommes libres?" Mais celui qui est plus pauvre n'est pas libre: son premier tyran est la faim; les conditions de prêt ou de travail qui lui eùt été indiquées, il les supporte plus qu'il ne les fait, il les subit plus qu'il ne les accepte, les voulant à la fois et ne les votllant pas.- Celui qui procure de l'argent ou du travail et prélève ensuite un intérêt ou une part du travail accompli, comble-t-il de bienfaits son prochain? Bienfaits biens futiles et bien trompeurs. Le service est nul et contraire à la fois à la vérité, au christianisme et à l'humanité, puisque malgré les plus rudes travaux le pauvre reste pauvre, et rempli d'amertume puisque, malgré une honteuse oisiveté, le riche devient plus riche et plus ai-rogant. Karl Marx, dans son livre sur l'Argent, cite souvent Luther, dont il a repris et rajeuni l'argumentation. Il fait surtout honneur à Luther d'avoir mis au jour l'adresse de l'Argent à faire paraitre ses absorptions et ses exactions comme des services presque humanitaires, et d'av.oir mis en lumière l'àme et comme les derniers replis du cœur de l'argent, lequel vise moins au plaisir, qu'à des limites, qu'à l'arrogance et à la domination. - Imaginez un homme accaparant toute l'industrie, tout le corn-
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