LES ORIGI:'.\"ES DU SOCIALIS~IE ALLDIAXD G53 obligé qu'il me témoigne une reconnaissance toute particulière. Mais ce n'est pas de bienfaits, mais de préjudic~s que l'usurieraccable son prochain, absolument de la même façon que s'il l'e:dorquait par quelque vol ou escroquerie. A la vérit6 ce ne sont pas toujours des bienfaits que ces services appelés devoirs de bie11veillance humaine. Ainsi l'homme et la femme adultères ont le sentimrnt de s'être réciproquement rendu une rare affection et des bienfaits particulièrement agréables. Et le diable rend les services les plus signalés à ses adorateurs qui se sont jetés d'eux-mèmes dans la servitude. Que les usuriers n'insistent pas en disant que personnen'emprunte malgré lui. Car celui qui est déprimé par la pauvreté et la faim, n'a déjà plus sa liberté intacte, entière, et c'est en hésitant qu'il se livre à l'u ·11rier. La nature de l'argent n'est pas de porter des fruits. Donc, la fécondation de l'argent est unechose contre nature. En effet l'argent ne vit pas et ne porte pas de fruits comme l'arbre ou le champ qui chaque année rend plus qu'il n'a reçu et coût6. L'usure est donc donc un gain honteux, un commerce déshonorant. Les usuriers sont des voleurs qui dépouillent et pillent tranquillement assis dans la quiétude de leur demeure. Bien mieux, ce sont des homicides. l\Iême si nous n'étions pas chrétiens, le jugemrnt de la raison nous dicterait les mêmes conclusions qu'aux païens et nous convaincrait que l'usurier est un meurtrier. En effet celui qui enlève à un autre ce avec quoi il devait se nourrir, qui l'épuise et le dépouille pour satisfaire son propre appétit, celui-là commet un grand crime, car c'est comme s'il forçait son prochain à mourir de faim et le détruisait radicalement. Voilà. les agissements de l'usurier qui ne s'en accroit pas moins sur des sièges bien rembourrés; il vit en sécurité au milieu du faste et est accablé de grands honneurs, lorsqu'il pendrait plus justement au gibet et devait être déchiré et dévoré par autant de corbeaux qu'il a volé de pièces d'or, si seulement leur cadavre pouvait fournir assez de chair pour qu'autant de corbeaux puissent s'r dépecer une nourriture suffisante. Mais au lieu de cela, ce sont les petits larrons qui sont pendus et tous ces minuscules voleurs qui n'ont soustrait par hasard qu'une ou deux pièces d'or. Les richesses amassées par les avares et les usuriers sont aussi vaines aussi inutiles qu'injustes. Le Prince a juste autant d'aliments et de vêtements qu'il est utile, et après sa mort il pense ne pas en laisser plus qu'un paysan ou un mendiant. Mais l'amour de l'argent, l'avarice, l'usure amasse, en tasse, accumule, arrache, amoncèle et thésaurise comme s'il voulait tout consommer et emporter avec lui hors du monde. Cependant il ne retire-
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