La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

LES ORIGlXES DU SOCIALIS)IE ALLE)I.\XD û5} choses et d11 monde visible, mais dans le monde lui-mème corrigé et amendé. La justice ne resplendira pas dans les froides régions de la mort, mai~ dans la vie elle-même; clic se mêlera pour ainsi dire à la lumière du soleil visible. L"ordre des choses et l'ordre de la justice s·enveloppent et s'entrelacent à ce point qne la nature pàtit de tout ce que souffre la justice. Si la justice s'obscurcit, le monde s'affaiblit, et dép(,rit. De même qne la nature s'écroule à la suite de l'àme dans les mortelles ténèbres de l'ignvrance et de la méchanceté, de même, à la suite de la rénovation de l'àme revifiée par le Christ, le monde se retrempera et se libèrera de la mort, du péché, de l'ignorance et de la nuit. c·est le Christ, si cc n'est Dieu lui-même présent dans la nature des choses et le monde visible? Dieu n·est-il pas partout, « même dans l'égoùt et les entrailles des animaux i:? De vains et frivoles théologiens, comme Origène, qui, à la façon des philosophes grecs, errent sans cesse dans les abstractions, s'épuisent en subtilités, et convertis ent en symboles et en figures toutes les véritables réalités, tous les faits vrais du monde visible narrés par les écritures, - ceux-là Luther (dans ses commentaires de la Genèse) les apostrophe violemment. Le Paradis n·est pas une région idéale de la r,ensée, mais 1111 jardin véritable, spacieux et Henri, et tourné vers !"Orient. Yéritable aussi était !'Arbre de iïe, par lequel sans autres aliments, les forces se reconstituaient; ou plnt6t il était une for(1t, d'où la race humaine, multipliée, pouvait extraire la vie. Ainsi à la nature même des choses sera mêlée la virtualité du Diable ou celle de Dieu; et cc n'est pas dans des régions ignorées ou fictives, mais dans le monde lui-même que ces dcnx puissances luttent pour le bien et mal. C'est pourquoi tout le monde est impliqué dans CP,ttelutte entre le bien et le mal, entre la vie et la mort. De mème que la mort s'est répandue de l'homme en état de péché, jusqu'à la racine de toute vie, de même la vie de l'homme retrempée dans le Christ est entrainée vers l'immortalité, imprègne d'immortalité, comme d"une divine contagion, tout ce qui existe. Lï:iomme ne se réveillera pas seulement immortel, mais encore tout ce qui a été, les animaux eux-mêmes, les plantes elles-mêmes, et toute vie qui s·est érnnouie, et tont flot qui a passé. Un nouveau ciel se refera, une nouvelle terre se reformera; non pas un ciel théologique, non pas une fantasmagorique figure de la terre, mais un ciel vrai, une terre véritable. li ne faut donc pas dire: La justice est de l'autre monde ou en dehors du monde. Elle brillera un jour sous le soleil des vivauts et le ciel visible. En vérité, ne reconnait-on pas là l'esprit même du socialisme, qui s'applique à faire pénétrer la

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