6.50 LA REVUE SOCIALISTE absolument libre, n'a pas défini la liberté une vainc faculté de pournir choisir entre des motifs contraires ; il l'a fondée sur le devoir unirnrsel. Est libre l'homme qui voit le devoir identique pour lui comme pour toutes les créatures raisonnables. Chaque homme est libre par cette loi morale, dont l'importance domine toute l'humanité, la terre et le ciel.- Quoi d·étonnant, si, après avoir placé la liberté morale dans la loi morale, les Allemands fout reposer la liberté civile sur la loi civile? Ceux-là même qui confondent la liberté morale avec le devoir, confondront la liberté civile avec la justice, et ils proclameront énergiquement le néant de la liberté sans la justice. - Par conséquent, lorsqu'il n'a pas voulu dégager et ab traire la volonté humaine de la divinité.Luther à esquisi;é cette conception de la liberté vraie, qui, en économie politique, deviendra le socialisme. De même, la doctrine de Luther sur la nature des choses converge vers le socialisme. Ceux qui en Economique resistent au Socialisme affirment plus souvent que la nature des choses est en soi excellente et la meilleure possible. Dans l'univers, nous avons les harmonies divines, dans la société civile les harmonies économiques. Suivons seulement la nature, qui par le mécanisme de ses propres lois alfoctuc tout le bien possible; ne provoquant pas son évanouissement par une audace et une volonté téméraire. Luther, au contraire, répète que la nature a été saisie et corrompue par le péché; il n'est pas naturel que l'homme privé de secours puisse vivre selon la justice. Le monde lui-méme a succombé, a dépéri sous le poid~ du péché. Le soleil ne resplendit plus romme avant le péché; les bètes clics-mêmes ont perdu leur innocence première ; dans 1·Etat, dans le monde, tout a été infecté par la contagion du mal. Quelle est donc !"attitude de ceux qui s'elforcen 1. d'écarter l'avènement de nouvelles lois jus licières, d'un nou vcl ordre de choses plus équitable, et qui s'écrient: << Cela n'est pas dans les habitudes; c'est contraire aux coutumes; cela ne s'adapte pas à la nature des choses. >> Ne prennent-ils pas eux-mêmes, ne proposent-ils pas aux aukes une nature corrompue comme la règle de la justice? Si le monde est en désaccord avec la justice, ce n'est pas la jùsticc qu'il faut immoltr, c'est le monde qu'il faut sacrifier. Et Luther emporté s'écrie de toutes ses forces: << Que le monde périsse, place à la justice 1 ,, Par monde, il faut entendre la corruption du monde présent. Car, de même que Luther n'a pas voulu abstraire et isoler la volonté humaine de la divinité, de même il se refuse à séparer et à isoler la justice de la nature même des choses et du monde visible La justice ne s'accomplira pas en dehors de la nature des
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