LES ORIGllŒS DU SOCIALIS~lE ALLE~lA:-.D 64.9 terrestre n'est qu'une parcelle de la vie humaine, et qu'au-delà de celle-ci une récompense est réservée au juste, un châtiment à l'impie. - Pourquoi Dir.u a-t-il prédestiné celui-ci au bien, celui-là au mal? Avec les lumières de la gràce, nous ne comprenons pas clairement, et nous balbutions témérairement que la justice est violée . .Maislorsqu'il nous sera donné de pénétrer dans les profondeurs de la gloire éclatante de Dieu invisible, alors la divine volonté nous apparaitra pleinement juste et bonne. Donc Dieu fait tout en nous, et nous ne valons rien si ce n'est par la Yertu de Dieu. Tout d'abord nous nous étonnons que ce Luther, qui a secoué le joug de Rome et. délivré l'àme de l'homme de tout.e domination extérieure et étrangère, soumette tellement la volonté humaine au joug divin qu'il arri,·e à proclamer l'asservissement du jugement. Mais Dieu n'est pas une force extérieure et élrangère; il se manifeste comme le souffle intime de la conscience. Quand il enlevait à la conscience humaine l'appui extérieur de l'Eglise romaine, Luther pensait à lui donner comme support Dieu lui-môme. D'ailleurs, relisez l'histoire, vous verrez que philosophes ou théologiens, tous ceux qui ont livré l'homme intime à Dieu, l'ont préservé de tout contact avec une force ou domination humaine. Ainsi les stoïciens, ainsi les jansénistes. - Au contraire, les jésuites qui ont déft:>ndula plénitude du libre arbitre, chargeaient l'àme pseudo-libre de chaines extérieures. Au point de vue socialiste, ceux qui proclament le néant d'une liberté abstraite et de pure indifférence et affirment que l'homme est seulement libre en obéissant à Dieu, ceux qui en philosophie et en théologie rejettent une fausse et menteuse image de la liberté, ceux-là en économie politique répudient la vaine image d'une liberté qui n'a que le nom de liberté et non sa subsLance réelle. - Celui-là seulement est libre, a dit Louis Blanc, qui non seulement a le droit, mais encore la faculté et le pouvoir d'agir. - Kous Français, nous considérons plus souve11t,tant en philosophie qu'en économie, chaque volonté d'une façon abstraite, soparée et isolée de tout ordre de faits, comme se suffisant elle-mèmP,, le pouvoir en tant que pouvoir; puis nous soutenons que tous les hommes sont également libres.De là cet.te sentence économique: « Chacun pour soi. » Au contraire, les Allemands ont l'habitude de rattacher chaque volonté individuelle à l'ordre universel des choses divines et humaines.La volonté humaine vaut seulement par Dieu; et dans l'Etat la liberté politique ne vaut que selon la justice qui aura été ordonnée entre les citoyens par l'Etat lui-même. - Emmanuel Kant lui-même, bien qu'il ait déclaré la volonté humaine
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