La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

6-1.8 LA REVUE SOCIALISTE s~uce, la souveraineté ne se partage pas avec Dieu. Ou bien .Dieu n'est rien chez l'homme, ou bien l'homme est nul avant l'apparition de Dieu. Car ses propres forces, l'homme ne peut nj fuir le bien, s'il est dans le bien, ni s'évader du mal, s'il est dans le mal. La volonté humaine ressemble à une bête de trait, et, selon qu'elle est montée par le Diable ou par Dieu, elle véhicule Dieu ou le Diable. Par elle-même elle ne peut ni charger Dieu ni le Diable, ni les renverser. L'homme n'a la faculté du changement ni en mieux ni en pire. Le jugement est asservi; mais l'àme elle-même n'est pas esclave, puisque sa nature est précisément de ne pas se gouverner elle-même. Elle ne souffre doue pas de violence, elle obéit simplement à sa nature. Qu'est-ce donc que ce libre arbitre qne quC'lques-uns attribuent à l'homme 'l Est-il parfait et absolu? Alors ils nient Dieu et l'isolent de l'homme. Si au contraire de leur définition du libre arbitre de l'homme découle pour lui la néces~ité, pour accomplir le bien, du secours de la gràce et de l'aide de Dieu, n'est-ce pas là une amère raillerie pour le malheureux tourmenté par une liberté falsifiée. - Toi, si tu es pauvre, si tu es riche, tu ne l'est qu'autant que cela plait à Dieu I Toi, esclave chargé de chai ues, tu seras roi, pour peu seulement que cela plaise à Dieu! 0 pauvre richesse ! 0 captive li ber té ! O puissance asservie ! l'i'est-il pas mieux quo notre servitude vienne de Dieu, afin que par elle, en nous confiant au Christ, nous devenions libres? Dira-t-on que les promesses de Dieu sont vaines, que vaines sont ses menaçes, si l'homme n'est pas libre? Mais dans les courses olympiques, la couronne étant promise à tous, cependant tous ne devaient pas la remporter. L'homme ne peut accomplir les prescriptions divines par son seul mérite. Nous ne ponvons faire tout ce que nous devons. Pourtant, n'est-il pas inique que Diou veuille la mort du pécheur, si c'est lui-même qui a mis le péché dans l'homme? Dieu est invisible et sa volonté impénétrable. Il jaut distinguer entre DiP,u révélé et Dieu caché, c'est-à-dire entre le verbe de Dieu et Dieu lui-même. Dieu par sou Verbe ,appelle tous les hommes au salut; mais Dieu, par sa Volonté, pousse ceux-ci vers le salut, ceux-là vers la mort. Et cela n'est pas injuste, car nous ne possédons pas la véritable mesure de Dieu et les règles de sa justice. Il y a trois degrés de la vérité. et comme trois lumières, la lumière naturelle, la lumière de la gràce, et la lumière de la gloire diviue, - Avec les lumières naturelles, nous sommes offusqués de voir le plus souvent tout réussir dans cette vie terrestre à l'homme méchant et impie; mais avec les lumières de la grâce, nous apercevons que la vie

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