LES ORIGI:-IES DU SOCIALIS:\lE ALLEMA:-1D 617 de la misère, leur dégénérescence, loin des lumières de la Yfri~é, et des joies de la fraternité. La plupart des hommes ont. en rtfet, le nom d'hommes, mais ne sont en réalité que des bètes de somme. Or qui voudrait conférer le sacerdoce à des bêtes de somme? De même pour Luther, les sacrements n'avaient de Yalenr que par la parfaite égalité et communion des chrétiens. La messe r:-:"ée, dans laquelle seul le prêtre offre le sacrifice pour lui seul, est une impiété et une usurpation. La messe véritablement divine n·est pas un sacrifice, mais une communion. Lorsque le prêtre est seul à manger le pain, à boire le vin, ce n'est plus la communion mais la solitude. Quelle est cette superbe présomption par laquelle les prêtres attribuent Dieu à eux seuls? Pourquoi se réservent-ils le pain et le vin, et accordent-ils seulement le pain anx laïques? Pourquoi a eux Dieu tout entier, et. aux aut1·es la moitié de Dieu'! Dans toutes les messes célébrées par les prêtres le pain était divin, parce qu'il était partagé aYec les chrétiens présents; au contraire le vin restait vin d'essence et d'apparence, parce qu'il était réservé au prêtre orgueillenx. Là est seulement Dieu où subsistent l'égalité et la fraternité chrétienne ... Merveilleuse source ù la vérité de l'égalité m,",me civile! Mais laissons la théologie et aborJons de plus près la philosophie pure. Quel est le sentiment de Luther sur le libre arbitre, sur la nature? Le socialisme dépenJ de la définition du libre arbitre et de la nature. En effet, pour r,e qui regarde le libre arbitre, si l'homme est par lui-même 1,leinement et absolument libre et apte à accomplir le bien, en quoi importe-t-il de l'aider et de corriger l'ordre des choses et la condition des citoyens de manière à ce que la lumière de la vérité brille toujours chez l'homme et que l'amour du bien et du juste y soit fortifié? Si chacun dépend seulement de soi et ne vaut qu'en soi et par soi, il n'y a pas lieu de se soucier de l'ordre universel des choses et de la vie humaine. Si au contraire, l'homme est seulement libre, lorsque la vérité l'illumine et que la justice le façonne, celui qui allie la vérité et la justice aux choses humaines, celui-là affermit et rehausse chez chaque homme sa propre liberté inLime. Et elle n·est pas opposée an socialisme la définition qui fait dépendre le libre arbitre de la vérité et de l'équité. Lulher niait le libre arbitre; se servant, selon son habitude, de mots presque violents, il prétendait que le jugement de l'homme était l'esclave de Dieu. Quoi de plus débile, de plus frl-le que l'homme corrompu et courbé sous le péché originel? Si l'homme s'appartenait, il n'appartiendrait pas à Dieu. La puis-
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