üO LA REVüE SOCIALISTE Ajoutons cette autre conséquence- d'ailleurs chez nous peu importante; - l'l'.•migration, qui jette, hors de nos frontières, -chaque année. 1111 <"ertain nombre de malheureux. A cet égar<l, nn ensemble de mesures législatives s'impose -0tsollicite l'attention des Chambres et du Gouvernement: meilleure répartion d,·5 impôts, surtout abolition des impôts de con- -sommation, dégrevant les salariés de charges sociales excessives; lois et règlements propres à améliorer l'hygiène des logements pauvres, à établir une surveillance sévère sur l'industrie des nourrices; à encourager et aider l'élevage de l'enfant par la mère; à arrêter le flot de l'émigration ou tout au moins à le faire dériver sur nos colonies. Mais tant que durera la cause principale, et pour ainsi dire -Organique de la dépopulation, toutes ces mesures ne pourront avoir qu'un résultat relatif, précaire et restreint. Car - il faut le dire et le répéter - ce sont les classes possédan tl's qui ne produisent pas assez. Résumant toutes les ohservations qui précèdent, je suis fondé à poser les conclui;ions sui vantes: La dépopulation de la France a pour cause principale l'insuffisance de la natalité. Cette insum~a11ceest le fait de la restriction volontaire pratiquée dans toutes les classes de la société, à des degrés différents: au plus haut d(•gré par la classe aristocratique ou ploutocratique; au degré ,noyen par la 'Classe bourgeoise; au degré minimum par la classr prolétarienne. Cette infécondité voulue à pour causes: Chez la clas~e aristocratique ou ploutocratique le développement de mœ111·s {goïstes et corrompues, provoqué par l'usage, -0tfatalement !"abus de la richesse; Chez la cla~sl' moyenne, les instincts de prévoyance, d"épargne, et par snit0, d'égoïsme, su;;cités par la précarité, la mobilité des petites fortunes commerciales, industrielles ou agrl- -coles; et aussi la lourde charge, dans notre état social actuel, qu'impose une foinille nombreuse au bourgois obligé par condition ou aspirant par vanité à tenir ce qu'on appelle assez plaisamment dans un état soi-disant démocratique, - un certain rang. Chez la cla~se travailleuse l'insécurité du lendemain, la <l.ifilcultéde soul1•11irun ménage poussent l'ouvrier rural à se marier tard, l'ouvrier urbain à ne se pas marier, ou à vivre en -coucubinat; ru11 et l'autre à se restreindre, à peine de misère. Pour_ la première cat(,gorie, il u 'y a pas de remèdes à proposer; j'ententls ,lu moins pas de remèdes législatifs.
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