LA DÉPOPt;LATION DE LA FRAXCE 59 rendant onéreuse la fécondité naturelle, tendent à la diminuer de plus en plus. » Sans doute, en France, lïmmense majorité des 1•ropriétaires ruraux se différencie peu, par les ronditions péniùlPs dans lesquelles il leur faut lutter pour préserver de la spoliation finale l'atome de terre quïls détiennent, des simples 0•1,Tiers non possédants. • Mais. comme le dit :\I. Roua net, comme le dit \1. Baudrillart, comme le dit :\1. Richet, comme le dit :\l. Lag,wau, comme le dis<.'nttous les économistes, socialistes ou bourgeoi,, le p;iysanpropriétaire sacrifie tout à la possession de cetl(' motle de glèbe à laquelle il e t comme rivé. Plus il est mellacé de la voir lui échapper, et plus âprement il s·y attachr. Ainsi que le constate :\1. Baudrillart, tout sentiment moral, rt ù pin. forte raisoll le sentiment, i faible encore chez nous, dn d<.'rnir social, s'efface ou Sù subordonne à lïnstinct de la propriéti'- pP!'sonnelle. Et c'est ainsi que la propriété, sous ses deux aspects, soit qu·elle s'accumule cnLre les mains du riche, soit qu·elle se dissolve entre les mains du pauvre, produit toujours le mèmo effet: l'oubli du devoir social, le dheloppement de l'{•g-oïsm<.d','où l'abstention ou la restriction quant à la procréation Jr,s enfants. Quant à la multitude des salariés, elle produit toujours, à peu de chose pri's, son contingent prolifique normal. Et si ce contingent est décimé; si une trop forte proportion d·enfants, dans les class<.'s lrarnilleuses, meurent avant t<.'rmcou en basàge, cela provient surtout des mauvaises conditions dans lesquelles le régime économique actuel place la famille ouvrière: le travail de 10 heures, 12 heures. 14 heures <.'t ~onYent plus dans la fabrique, l'usine, l'atelier, exerçant sur la f<•rnme, pendant les p<~riod<'Snaturelles et surtout pendant la période de gestation l'influence la plu morbide: l"obligeant ;\. nourrir ses enfa11ts assurément moins bien que la dernière dm, femelles animales ne nourrit et ne soigne sa portée; la contraignant souvent à renoncer ù, ce devoir essentiel de l'allaitement maternel, pourconfier ses enfants à des mercenaires chétiYement payi>es, insouciantes, malpropres, ou barbares. Certes - il set>ait puéril de le dbsimuler - le prolétariat est moins fécond qu'il ne devrait l'être. La misèrr, lïnsécurité du lendemain, la diffi~ulté pour les travailleurs dPs deux sexes . de fonder et de maintenir un ménage régulier, ont pour effet, d'une part d'accroitre la mortalité des nouveaux-nés, et d"autre part de restreindre le nombre des unions légitim<.'s, beaucoup. plus fécondes - c'est une observation statistique constante - que les concubinats ou mariages naturels.
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