,622 LA REVUE SOCIALISTE heureuse impression ; malheureusement le mouvement des mains est mauvais. D'Auguste Caïn un groupe de Tigres,admirableme!lt modelés, et d'un effet puissant, bien que la sitüation du 'l'igre vaincu se conçoive mal. Parmi les femmes, plusieurs tentatives sont honorables; de Ayamaur : Une Cléopâtre; de Mme Clovis Hugues : Groupe plâtre; de Mlle A. Casiné : La Charité : jeune mère enceinte tenant dans ses bras un bébé qui appuie gracieusement ses pieds sur le ventre légèrement déformé; tandis que sa mère tend la main au public, qui lui rend volontiers un hommage mérité. L'expression est juste, la pose bonne. Le vètement ne dissimule pas les lignes du corps. De Frémiet: un bas-relief fort remarquable. DeTavera: un succès de rire; gros père dans la pose de Thiers avec redingote et chapeau tuyau de poële. Sculpter un tuyau de poële I Quand -00 peut employer un véritable talent à autre chose, c'est un comble! Do Mangur: une source. De Raufa~se : une jeune déesse plane dans les airs d'où elle semble jeter.des roses sur les mortels. Le caractère de la physionomie ne s'harmonise pas avoe cette occupation poétique. De Guilbert, jolie statue de genre: Cancalaise jetant des f1eurs sur un tombeau. Pour nous résumer, la sculpture e$t certainement en progrès ; nous remarquons un grand nombre d'œuvres estimables, sinon excellentes; mais elle manque de cette ampleur, qui résulte de l'exacte concordance des parties et de la sobriété du mouvement. Passons chez les peintres. Décidément les maitres se sont donnfs le mot pour nous étonner; nous tombons sur un Benjamin Constant, l'auteur délicat de Vintrin qui nous confond. De loin, nous avons la vi:siou d'une énorme carte de géographie divisée en départements mal enluminés. li parait que ce n'est pas cela; nous sommes devant Paris conviant le monde à ses fêtes. Elles crèvent les yeux ces fêtes-là; les tons sont crus, les personnages vagues, l'ensemble mal groupé. L'idée primitive de -donner une couleur éclatante aux personnifications des fêtes, était pourtant juste. Comme Gérôme, l'excellent artiste qui a nom Benjamin Constant,s'est trompé I Si on lui donne une grande médaille, cc sera certainement pour l'ensemble de ses œuvres, et non pour cc peinturlurage. Eu traduisant à des maitres aussi _goùtés la pensée sincère du public, on aide à une revanche certaine. • Entrons en danse à travers les âges avec M. Aimé Marat.
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