.ÉCHOS ARTISTIQUES 621 métier. Et puis qui sait I Peut-être dans la foule obscure se cache l'humble enfant inconscient encore de· sa force dont le génie artistique illuminera les siècles à venir. Que la voie soit donc largement ouverte aux déshérités; nous demandous pour eux place entière au banquet de l'art, en attendant que justice leur soit rendue au banquet de la vie. Déjà les arts du dessin, la musique, la déclamation, sont introduits dans les écoles de la ville de Paris. :Walheureusement cc n'est qu'un commencement, et dans cet ordre d'idées, tout 011 presque tout reste à faire. Un peu moins de brioches aux médaillés de salons oflfriels, i\lesflieurs des beaux-arts, et un peu plus de pain à ceux. qui grelottent à la porte de vos palais artistiques. Et maintenant pénétrons dans le salon des Champ-Elysées. Il répond au programme officiel et reste honnête au moins dans la forme; en sculpture l'ensemble de l'œuvrc manque de grandeur artistique et ue dépasse pas une moyenne honorable. Ce salon paisible et bourgeois arrive souvent au gracieux, rarement au Beau. Collection ordinaire de Vénus et dr Diane qui se détachent sur de verts bosquets, du plus mauvais goùt. Aux pieds des jeunes filles de marbre circulent des femmes de tous les mondes, en chair et en os. Pour ne pas nuire aux œnncs de leurs parents ou amis, par une comparaison désavantageuse, elles ont pris à tàche de déshonorer leur grâce ou leur beauté par des tailles trop courtes, des manches trop haut.es, et des jupes trop courtes. Ainsi alîublées, on les admire tout de môme tant est grande la force de l'habitude. Point d'innovations sauf une erreur peinte et sculptée de Gérome (Bellone). L'auteur immortel de la Tanagra a prodigué à cette nouvelle fille bàtarde, l'or, le bronze et lïvoire,sans réussir à l'embellir. Cette Vénus polychrome, clàmc la Guerre par une bouche grande ouverte. Si cc corps de déesse n'était pas d(•naturé par le brillant des oripeaux, la pose et l'expression d'ensemble suffiraient à indiquer l'origine sans avoir recours à une expression physionomique forcée, qui détruit l'harmonie des liguf!s. C'est ainsi que jadis les Grecs du Bas-Empire, oubliant la beauté pure des Anciens, prodiguaient dans leurs œuvres les matières précieuses, et substituaient le riche et le brillant à la beauté toute nue. Du reste, la Guerre farouche ne dissimule pas ses ravages; le seul vêtement qui lui convient est un glaive, le seul voile un voile de sang, le seul ornement un cortège de cadavres. A cette Vénus composite, je préfère La Vague d'Adlesparre Ralf. La pose de la femme est gracieuse, les vagues bien mouvementées; une autre Vénus la Poésie de Hercule, tète charmante, ingénieusement illuminée, corps pur, laisse une
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