G20 LA REVUE SOCIALISTE limites, ni frontières, ni sectes; mais réunit les artistes de toutes nationalités dans le culte de la forme et de la couleur: dans le culte de l'expression, qui donne la vie à la forme matérielle et l'idéalise; comme un rayon de soleil anime et colore tout ce qu'il touche.et change pour une heu 1·e,hélas! en vêlements somptueux le haillons du pauvre ! comme le sourire ou les pleurs animent la nature vivante. L'Art a réalisé ce qui n'est encore qu'un rèvo sublime on économie politique. Confondus dans une fraternelle admiration, les peuples séparés par la religion, les mrours, la forme du gouvernement, rendent un commun hommage aux poètes, aux musiciens, aux peintres, aux statuaires de tous los pays. Ceux-là seuls qui n'nnt ancun sentiment artistique ou qui ont atteints d'un chauvinisme étroit, proscrivent les chefs-d'rouvres étrangers, ou se renferment dans les limites d'une école : sans comprendre que la tolérance et la lihorté sont los conditions essentielles du progrè artistique ; sans comprendre que le progrès réalis<i par m, peuple, devient le patrimoine des autres. En art, comme en science, il faut laisser la porte ouverte à toutes les bonnes volontés voire même à toutes les audaces; car des essais malheureux peuvent se transformer en lumière éclatante, par une application meilleure. Du reste, quoi de pl us sain quo l'amour des arts. 11 entraine fatalement au respect de soi-mème; au cnltP. du corps hnmain et Lietout ce qui entretient sa force et sa beauté. La symétrie des rouvres <l'art ou leur heureuse liberté, leur ordonnancement, leur harmonie rendent tangible l'ordre qui règne dans la nature, sans exclure l'admiration pour les sauvage;; beautés des cataclysme;; partiels; cette admiration impersonnelle tue l'égoisme, tandis que la liberté dans l'interprétation, qui est une condition de l'art puisqu'elle dépend de l'impressionnabilité de l'artiste, (surtout en ce qui concerne le coloris) impose le respect de la liberté d'autrui. Ainsi, par cette Hude idéalement vraie de la nature, la sympathie, ce lien des sociétés s'accroit fatalement entre les individus; tandis que par l'échange des rouvres d'art, s'accroit aussi la richesse artistique des nations. Combien donc sont coupables ceux, qui veulent fermer au peuple l'entrée des musées, en exigeant de lui une rémunération qu'il n'a point; ils voilent ain,;i la seule éclaircie par où les prolétaires ont vue sur le monde de l'art. Or l'art appartient à. tous; non seulement parceque tous payent l'entretien des musées, mais parceque tous ont l'amour du beau et le droit au bonheur d'en jouir. L'art appartient surtout aux ouvriers, qui ont besoin de ses enseignem'3nts pour n'(itre pas uniquement livrés au
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==