:ÉCHOS ARTISTIQUES 619 ECHOSARTISTIQUES SALONS 1892. - l" MAI Nous sommes au mois de mai ; la nature est en fète, les maronniers couverts de fleurs, embaument et purifient l'air; les jeunes filles soulèvent doucement leur poitrine gonflée de soupirs; la joie de vivre remplit le cœur de l'homme. Le prolétaire, l'àme amollie par les premières effluves du printemps et par les promesses d'un avenir meilleur, tend à travers les mondes une main fraternelle à tous les travailleurs; l'Art, un rameau d'olivier à la main, réunit les artistes de tous les pays dans l'amour du Beau; et tente de rivaliser avec la nature. Prenons notre part de ce banquet divin, reposons-nous dans cette bienfaisante accalmie ; partout où nous les rencontrerons : aux Champs-Elysées, au Champ-de-Mars, aux Indépendants, à la Rose-Croix admirons les grands artistes ; saluons Falguière Dubois, Detaille, Gérome, Carolus Duran, StevenE, Rochegrosse, Dalou, Puvis de Chavanne; saluons surtout les inco11nusd'hier, les maitres de l'Avenir, qui n'attendent parfois pour sortir de l'ombre, que l'écho d'une voix amie. Saluons en un mot le talent et non le palais, la mansarde ou le pavillon qui l'abrite. L'art est au-dessus des écoles, surtout des écoles officielles; au-delà des partis, et ne doit se prostituer à aucun d'eux. Nous ne répudions ni les symbolistes, ni les réalistes; ni les classiques, ni les indépendants. Partout où nous trouvons de la sincérité, de l'observation, de la vie, du mouvement, nous nous inclinons. Partout les tons lumineux, les chairs palpitantes, les horizons infinis, les vagues puissamment soulevées, les paysages traversés par l'air et la lumière, s'imposent à notre admiration. L'Art est souverainement humanitaire, il ne connait ni
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