A PROPOS D'UNE INTERVIEW 617 la socialisation des forces productives ; mais des forces productives seulement et non des produits aussi. comme c'est le cas daus le communisme. La différence est capitale; ce qui justement distingue le collectivisme, - combinaison heureuse de l'individualisme et du communisme, - c·est quïl assure Jeconcours dans la production, tout en instaurant la justice dans la répartition, tout en conservant la liberté dans la consommation. Il a pour devise: A c:haque travailleur l'equivatent du produit de son t,·avait, les cliai·ges sociales etant 1·einplies, et à chacun la libre disposition de ta valeur de cet equivalent. Chemin faisant Je collectivisme transformera les monopoles en services publics communaux, nationaux ou internationaux; il rénovera la politique qui de gouvernement des hommes qu'elle est.deviendra l'administration des choses: d'où !"abolition des monarchies et des guerres et leur remplacement par la Fédération de toutes les nations affranchies pour constituer une immense et grandissante République fédérale promotrice de tous les progrès à poursuivre, de toutes les justices à conquérir, de tous les perfeciionnements à réaliser. La suppression de la misère et de l'insécurité, avec leur sinistre cortf·ge d'enfance san~ vie heureuse et sans éducation, de faibles, de malades, <l'infirmes et de vieillards, sans confort et sans soius, de valides sans travail eL sans ressources, cette suppression et son complément positif, l'universalisation de la science de la philosophie morale et du bien-être, sont aussi à compter parmi les bienfaits du colleciivisme. Le remplacement du salariat par l'association, des fatalités professionnelles par le libre essor des vocations, de la concurrence, des antagonismes et des iniquités qui en résultent par l'organisation rationnelle de la production et de la distribution des richesses, par l'aisance universelle dans la solidarité; des ~ervitudes et de l'ignorance, qui sont le lot du plus grand nombre,par le respect de la personne humaine, par le développement physique, affectif, int.ellectuel, moral de tous les ètres humains progressant en savoir, en libre arbitre, en puissance, en ju;,tice, en bonté, voilà ce que la Gazette de France, la Liberte Catholique, le Messager, le Patriote, le Champenois, l'Impa1·tial et l'Independant appellent esclavage et étouffement des individualités. L'esclavage du plus grand nombre,il n'existe que trop maintenant avec le terrible système de travail forcé par la faim et non garanti contre la faim qui, dans ses étaux de fer, broie les prolétaires modernes, ne leur laissant que le choix entre périr de
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