616 LA REVUE SOCIALISTE brer les civilisations - ou qui, en prenant les choses au moins mal font toujours tant de victimes! » Après avoir rappelé cette interview et après m'avoir fait dire erronément d'après le Figaro: « Ils sacri(lent la société à l'individ11 ; Plus volontiers, nous sacrifions l'indivirtu à la société, la Ga::ette de France ajoute: (< La définition est exacte. « Dans son laconisme, elle met vivement eu lumière la philosophie de deux écoles entre lesquelles oscille la société actuelle. (< Le Socialisme sacri:(le L'individu, le citoyen, l'Homme. (< L'An-archie sacrifie l'Etat, LaSociété. « C'est enLre ces deux sacrifices qu'on nous donne à choisir: Ou esclave, ou sauvage ! « Ou vivre en perdant notre identité humaine, en sacrifiant notre Moi, notre Libre Arbitre, notre Ame, notre Raison, notre Liberté. Ou retourner à notre condition embryonnaire. « Benoit Malon est philosophe et sociologiste à peu de frais. Son problème social est aussi peu compliqué que possible : - l'Etat est tout. l'homme rien». L'article de la Gazette de France qui repose sur une erreur de citation, comme on vient de le voir, a été reproduit, à ma connaissance, par la Libe1·te catholique (Toulouse), Le Patriote (Reims), le Champenois (Epernay), le .Messager (Reims), !'Impartial (Vitry) et !'Indépendant (VerviDS), n'en indique pas moins chez son auteur une singulière méconnaissance des idées collectivistes. Le collectivisme qu'il donne comme devant être l"écra::;êment de l'individu par !"Etat oppresseur, a, au contraire. la prétention d'ètre émancipateur et libertaire. Il se donne pour tàche première de mettre fin au servage économique des travailleurs, en réorganisant Letravail de telle sorte que la liberté des vocai ons soit respectée, et que le travail lui-même soit abrégé. allégé et rendu attrayant et digne, [l préconise en d'autres termes un système de production et de circulation des richesses tel que les forces naturelles conquises et à conquérir ,que les applications mécaniques faites et à faire, que tous les progrès scientifiques, en un mot.soient employés à l'adoucissement des conditions du travail, à l'amélioration du sort de tous,au lieu d'être, comme c'est maintenant le cas, ·monopolis~s·par quelques capitalistes et transformés en facteurs de labeur intensifié et de chômage, c'est-à-dire d'asservissement, d'exténuation, de paupérisation ouvrière. Sociale dans ses conditions, Laproduction moderne doit l'être aussi, dans ses éléments et dans sa destination, ce qui présuppose
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==