LA DÉPOPULATIO~ DE LA FRAXCE 37 « Pour les bourgeois, commerçants, industriels, employés, domestiques, petits on grands rentiers qui habitent les villes, la fécondité est toujours très faible. En toutes les grandes villes d'Enrope,snrtout celles où il n'est pas de population ouvrière,on trouve presque toujours un excédent de décès sur les naissan- -ces.Les villes ne grandissent que parce que lesvirles sont incessamment remplis par les habitants des carnpagnes,quidésertent les travaux agricoles pour chercher dans les grands centres une plus facile existence. cc Ce sont les classes bourgeoises les plus élevées dans la hiérarchie sociale qui ontlr moins d'enfants. Si la natalitô générale de la France était égale à celle dArélite des classes bourgeoises, au bout de deux cents ans il n'y aurait plus un seul français. « Pour la petite bourgeoisie, dont l'infécondité est presque aussi grande, on ne peut gu•:re invoquer d'autre cause que lïntention bie11arrètée de limiter le nombre des enfants. C'est par économie, par prudence, pour épargner à eux-mèmes et à leurs descendants, les soucis et les fatigues d'une vie trop laborieuse qu'ils ont une postérité restreinte. Quant au paysan, il se reskeint parce que, cc dégagé de toute considération sentimentale, il est avant tout soucie,1x de .s'épargner la misère et les excès de travail : de se donner quelque bien-Mre à lui-mèrne et aux enfants qu'il a déjà, sans se préoccuper de ceux qu'il pent avoir; parce qu'une nombreuse famille, pour un petit propriétaire ou un ouvrier de la campagne, c'est presque la misère; parce que le morceau de terre, qui suffit à grand peine à la vie de quatre personnes.ne suffirait pas à la vie de huit personnes; parce qu'ilsrraitcruel de ne rien laisser à ses enfants et que, s'il fallait pourvoir à l'existence d'une nombreuse famille, il faudrait vendre la chaumière ou le terrain acquis au prix de tant d·efforts, trarniller à la terre d'autrui, au lieu de travailler son propre champ. « La vérité, il faut oser la voir et la dire: c'est qu'en France, dans les villes comme dans les campagnes, il y a un excè!' de richesse et un défaut de moralité. Il n'est plus d'autre souci que de bien vivre avec un maximum de luxe et un minimum de travail. » Et M. Baudrillard, dans ses admirables monographies des Populations rurales cle la France, confirme pleinement l'opinion de M. Richet : c< On est résolu à ne pas avoir d'enfants, ou du moins à en limiter le nombre autant possible. « Tantôt, l'égoBme est le motif déterminant; on craint de
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