La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

56 L.\ REVUE SOCIALISTE « La race française prise en masse, considérée dans son ensemble comme dans ses parties, est saine et vigoureuse, douée de qualités prolifiques suffisantes. Sous certains rapports les Français sont même supérieurs à certains peuples, les Anglais par exemple, qui se croisent très diffl.cilement avec des races étrangères, tandis que les Français ont donné naissance au Canada, à une forte population métisse, remarquable par ses aptitudes sociales et sa fécondité. Enfin, de nos jours, les Français qui vont s'établir en Algérie y ont une natalité considérable. La natalité française, en Algérie, oscille autour de 40 pour 1000, supérieure, par eonséquent, à la natalité allemande. >J « On ne saurait donc attribuer à aucune cause physiologique plausible la décrois;-ance de la natalité française, et c'est dans notre état social, dans notre constitution économique, les mœurs et les conditions de vie qu'elle détermine qu'il faut aller chercher la cause véritable de la dépopulation. >J Enfin, un éminent docteur, M. Lagneau, dont le récent mémoire à l'Académie de médecine a fait sensation, s'exprime ainsi: « l'iotre natalité légitime est minime, moins par infécondité réelle que par limitation volontaire. L'infécondité réelle, organique, parait ôtre d'environ 1 ménage sur 10. » On conviendra que ce n'est pas une proportion aussi infinitfsimale qui peut exercer une influence appréciable sur la diminution des naissancf's. A la première hypothèse proposée, nous pouvons donc répondre en toute assurance: l'ion. L'insuffisance, de plus en plus accentuée, de l'accroissement de la population en France, ne tient pas à une dégénérescence de la race. Il ne nait pas assez d'enfants en ce pays parce que ceux qui l'habitent ne veulent pas. Nous avons donc le droit et le devoir de rechercher quels sont les motifs de l'abstention ou de la restriction volontaires auxquelles, seules, pont être attribuée notre dépopulation. Ces motifs se ramènent tous aux conditions économiques sous lesquelles nous vivons; conditions économiques telles que la limitation volontaire est pour ainsi dire imposée au chef de famille soucieux de son existence f't de celle des siens. A cet égard, il n'y a pas de doute possible. Tous ceux qui ont observé les mœurs, écouté le langage de nos bourgeois et de nos paysans; tons ceux qui ont apprécié les exigenccsd<' la lutte pour la vie, dans les diverses classes sociales, sont d'accord. Ecoutons d'abord .M. Richet:

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