601 LA REVUE SOCIALISTE gne, qne char1ueannëelarlatedu 1" maidéjà f~tée par les Cluvaliers du Travail, scrnit célébrPe tous les prolétaires soucieux de leu1· émancipation et de la rpnovation humaine. On cria à l'utopie; l'utopie s'est faite réalité. Le ·l" Mai n'a été célébré que deux fois et déjà il a ses martyrs populail'es ùont le souvenir, religieusement gardt< tians le cœu1·rie la classe ouvl'iè1·e, a pour contre-pal't.ic l'exécl'ation <1uis'attache au nom du ministre Constans, du fonctionnaire Isaac, du mail'e Bl'enier et de l'olli<'ier Chapus. Dans un 01·dred'idées !Jlus générnl, le l" .\Iai a donné conscience de leurs intér.lts économiques à ùes millions de tl'availleut·s que la pt·opagande socialiste n'avait pas pu atteindre, et chaque année (comme fait des 0ots uoe tempête dans l'immense mel'), sur une surface toujours plus vaste, il agite et soulève les ma55es ouvl'iè1·cs, et pal' suite pvl'te les espél'ances socialistes dans tous les centl'eS industriels de l'Europe et de l'Amé1·ique. La raison de ce succès est due, pour une grande pat't, à la sagesse ries ol'ganisateul'S. Ils se sont attachés aux deux revendications qui se présentent comme les plus acceptables et les plus légitimrs, tout en étant de facile application et tout en offrant le earactèl'c de la plus univel'selle efncacité: Le maintien de lrt paix inte,·nationale. L'obtc>ttion de la journée <le huit heures. Comme tout cela est bien vu en ef!et ! La paix, cette plus grnnde des déesses, au ùire du trngique grec, est la condition pl'in~ipale du développement, socialiste. lmposer au patl'onat la journée de huit hcul'es, c'est frapper au cœur l'exploitati~n capitaliste. Bien entendu la joumee de huit heures n'entl'ainerait pas de soi la solution de la question SOC'iale,mais elle y aidernit puissamment en raison de ses avantag<Jsque dans la Revue Socialiste d'abo1·d, et dans le Socialisme lnté- !l>·al ensui te, uons avons classé de la sorte : « •I' Dimin11tio11immédiate de la mi;,ère ouvl'ièt•e par l'admission. au moins temporaire, dans les ateliers ou fabriques, de centaines de milliel's de sans travail. « 2' Abolition· du supplice des longues séances de travail, si douloureux et si mcurtriel's pour tant de millions d'ètl'~ humains; « 3° IJéveloppemcnt intellectu,,J et mol'al de la classe ouvrière, f:lit dont la partie révolutionnaire n'a pas besoin d'ètre démontrée, depuis que dans sa très incisive Critique sociale, Auguste Blanqui a magistralement fait ressortir l'inrompressilJilité d'un peuple intelligent et instruit. Ce qui est vrai d'un peuple l'est d'une classe, à plus forte raison. Tant sait l'homme, tant il vaut, cal' nous ne valons que par nos actes et, pour bien agir, il faut savoir. • Supposons rlonc qut; les perfectionnements mécaniques aient, en dix ou c1uinzeans, rétabli l'ancien état de choses sui· les mal'chés du travail, la situation resterait autre, par ce fait que les individualités ouvrières ne seraient plus les mêmes et qu'en dépit des menrtl'ièl'es lois de l'O(fre et de la Demande, les ca1Jitalistes seraient tout de même moins puissants devant un prolétariat plus conscient, plus inst1·uit. « li en scl'ait d'autant plus ainsi que ce prolétariat aurait pl'oflté des bonnes années pour introrluire des gamisons socialistes dans les fol'teresses des pouvoirs publics, notamment des administ1·ations communales. » C'est pourquoi le l" Mai restera la plus grande date de cc siècle. li n'est pas comme les Satu,·1111,leô antiques, une réminiscence d'un âge d'or, à jamais tltsparu, il en est la promesse et l'annonce de la Société idéale que les salariés des Dcux-~fondes et leurs alliés des classes libé1·ales et bourgeoises édifieront de leurs propres mains. • Plus fortes que le for, avec le drnit sacré.» B. MALON,
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