La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

(( LA '.IIANIFESTATION DU PRE'.ll!ER '.IL\I » 603 Celle liste altesle que les organisateurs se sont inspirés d'un large espril1ùe conciliation. Voici maintenant les articles annoncés plus haut de nos collabora Leurs. Les cieux 11oliti•1ues. Si quelque chose est pour nous consoler des iniquités et des tristesses du présent, c·est le merveilleux déploiement des forces onvrières et novatri,-es, qui se lèvent, se con~tituent et s'organisent contre la vieille société. Deux politiques sont en présence qui s·excluent: Dans l'une, celle des classes dominantes, cc qui domine c'est l'antagonisme et la guerre; c'est avec la croissante intensification rie l'exploitation capitaliste et des misères du salariat, le développement furieusement activé des forces destructives pour 1·efouler le prolétariat à l'intérieur et pousser les peuples à des guerres d'extermination. L'autre politique, celle justement du prolétariat militant, est tout à fait le contre-pied de la première, elle peut être résumée en deux lignes: La paix et la (1·aternité entre les peuples. La justice et la solidarité entre les hommes. Cette politique a contre elle, ·1es bcnéflciaires des vieilles iniquitës, et tout le formidable agencement administratif et militaire qui est encore aux mains de gouvernants sans clain·oyancc et sans générosité; mais elle a pour elle, out,·e les p1·og1·èsintellectuels et moraux. les conquêtes de la science et les nouvelles conditions de la production. qui font de l'o1·ganisation sociale du travail, une inéluctable nécessité, sous peine de régression en intense servage industriel. L'issue du conflit ne saurait être douteuse; l'avenir dèrnrcra le passé ; le socialisme aura raison des antagonismes nationaux et de son contrefort éco• nomique, l'exploitation de l'homme par l'homme. \"oyez plutôt comme rapidement grandit l'idée salvatl'Îce. Le socialisme n"était, il y a cinquante ans, que l'utopie de quelques pen~eurs. que la vague espérance d'une poignée de militants ; il ins1iire aujou1·d'hui des millions d'hommes et de femmes de toutes nations ; il a <léjà ses g1·andes traditions révolutionnaires, ses légendes touchantes, ses hé,·os et ses marty1·s et ses glorieuses dates histodques: qui sont, après l'insul't'ection ouvrière lyonnaise de 1831, le Chartisme de 18>0, l'lnsui·re~tion de juin 18'>8,la Commune de 18ïl, les InsurrecLious cantonales de 18ï3, l'Efforvescence socialiste russe de lSH-·1880. Depuis que pendant des mois, il a flotté eu pleinP bataille. dans l'air ébranlé par le tonnerre des canons sur les murs de Paris et de Carthagène, son drapeau rouge est devenu le drapeau du prolétariat des Deux-)lon,Jcs, il sera demain l'étendard fédéral du genre humain, en marche Yers des civilisation!> supérieures, vers de plus hautes justices. Déjà de ces justices sociales futures, les éléments s'élaborent cl,,ns les grandissants Congrès internationaux socialistes qui ser\'iront de modèle aux Parlements économiques et fédéraux de l'avenir, .tllais il manquait au socialisme un signe de ralliement universel. Le Cong1·èsinteniational de Paris 1889 le lui donna, en décidant sur la proposition d'un groupe ouvrie, de Bordeaux, représenté par le citoyen Raymond Lavi-

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