LA DfPOPULATIOS DE LA FRAXCE une nation: la puissance militaire et la puissance économique. Il est donc démontré d'une manière absolue que la population française croit, par rapport aux autres populations européennes (pour ne parler que de celles-là) dans une proportion tout à fait insuffisante. sinon nulle. Quel le est la raison de cette anomali<'? Deux hypothèses sont à examiner: cette faiblesse relative de l'accroissement prolifique de notre na.lion provient d"une dégénérescence physiologique de la race; ou elle provient de l'abstention volontaire ou de la prudence p1·évenlive des individus, soit hors le mariage, soit dans le mariage. La première hypothèse ne comporte pas un bien long examen. Tous ceux qui ont écrit sur la dépopulation de la France, savants spécialistes ou économistes, sont d'accord pour reconnaitre que rien n'indique, en dehors de certaines causes économiques que j'indiquerai tout à l'heure, un affaiblissement quelconque, au point de vue physiologique, de notre puissance procréatrice. « A quoi attribuer un tel fléau?, - dit III. Le Fort - dans l'étude qne je viens de citer. :\'otre sang s'est-il appauHi? Circule-t-il moins vite qu'autrefois dans les veines de la jeunesse ? .Notre constitution physique est-elle al térée, et notre race portet-elle écrits sur son front les signes Yisiblesde sa caducité! Les causes du mal que nous étudions ne résident pas en nous-même, c'est-à-dire dans l'énervement de notre race. Il faut les chercher dans les institutions et dans les mœurs. » De son coté, M. Charles Richet écrit : << La Yigueur physique de la race française ne parait pas pouvoir être incriminée. Assurément les guerres terribles du commencC'ment de cc siècle ont épuisé la nation. Mais, à tout prendre, il y a eu, chez les autres peuples de l'Europe, à ces époques néfastes, des hécatombes semblables. D'ailleurs, si la mort de tous ces jeunes soldats était la raison de notre dégénérescence, la France devrait être actuellement en voie de réparation et non d'infécondité croissante et on ne s'expliquerait pas la diminution progressive de la natalité. Rien ne prouve l'appauvrissement de la race, ni la force physique,ni la taille, ni la puissance intC'llectuellc n'ont diminué en France d'une manière sensible. Pourquoi veut-on que l'aptitude à avoir des enfants se soit amoindrie? De fait, la fécondité est moindre ; mais tout semble démontrer que cette diminution ne tient pas à l'impuissance physique des individus.• M. Gustave Ronanet, dans un remarquable article publié par la Revue Socialiste (8 octobre 1889) conclut pareillement:
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