La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

DALZAC SOCIALISTE 505 possible si une connaissance parfaite des deux époux. comme mœurs, liabitudes, caractères, ne précède leur union et je n'ai reculé devant aucune conséquence de ce principe ; ceux qui me connaissent sa\'ent que fai toujours été fidèle depuis l'âge de raison à cette idée, et, pour moi, la jeune fille qui a fait une faute est plus digne d'intérêt que celle qui reste ignorante, et prête aux malheurs de l'avenir par le fait même de son ignorance. Aussi, célibataire pour le moment. si je me marie plus tard, ce ne sera jamais qu'avec une veuve». Dans la seconde partie de son étude, M. Julien Lemer analyse roman par roman l'œuvre de Balzac. Nous suivrons son travail en ne nous arrêtant évidemment qu'aux œuvres où Balme s'est plus particulièrement dénoncé comme sociologue. Dans les Scèues de la 'l.•iperivce (si nous suivons le classement donné par Balzac lui-même) nous trouvons d'abord le 73,1/ de Sc,,c1ux, « une amère et éloquente critique des préjugés aristoaatiques, une apologie du travail». Puis la Bourse, brève nouvelle où se trouvent exposées quelquesunes des iniquités commises par le gouvernement de la Restauration. Dans une q]oubleJ,1111ill,·, le héros, M. le comte de Granville, magistrat grave et éclairé, parle et agit en véritable libre-penseur. Ce qu'il y a de plus particulièrement remarquable dans ce roman d'un écrivain qui a voulu passer pour un défenseur du trône et de l'autel, « c'est la vivacité de la critique des mœurs dévotes et de leur influence sur la vie de famille. On ne trouve rien de plus véhément dans l'athée Stendhal, ni dans le sceptique Mérimée >'. Et que penser encore de ce prétendu champion de l'aristocratie, lorsqu'il écrit le Co/ouel Cbabal, où il met les plus hautes vertus dans l'âme d'un homme du peuple né, pour ainsi dire, aux Enfants trouvés destiné à mourir à l'hospice des vieillards abandonnés ? Quelles nuées d'observations, de réflexions, de pensées, que Bé.1/rix, Ho11ori11~, le "PèreConol! Combien les législateurs consulteraient avec fruit l' /n/erdictio11 et le Cou/ra/ de Mariage. Examinons maintenant les Scè11esde la 'l.•Ùd!eprovi11ce. Dans Pierre/le, le Curé de Tours, U11111éu6 ac de garçon eu provi11ce, Balzac condamne le célibat. li voudrait que les célibataires, élément improductif, stérile, par conséquent parasite et nuisible de la société, fussent soumis à une taxe considérable destinée à alléger d'autant les charges qui pèsent sur les pères de famille. Et je vais plus loin que M. Lemer, je crois qu'il a bel et bien réprouvé le célibat des prêtres, dans cette phra~e du Curé de Tours. " Le célibat offre donc alors ce vice capital que, faisant converger les qualités de l'homme sur une seule passion, l'égoïsme, il rend les célibataires 11111sibles ou inutiles. Q!.telles sanglantes critiques de l'état social, on trouve dans les

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