591 LA REVUE SOCIALISTE On trouvera dans les quelques lignes qui vont suivre, mieux que des tendances démocratiques. On y trouvera une belle et franche adhésion à des théories qui se rapprochent des nôtres. Lorsqu'à la fin de 1830 il déve)C'ppe ses idé<!s sur la monarchie! constitutionnelle héréditaire, cet autoritaire qui veut une aristocratie puissante et prévilégiée réclame en faveur du peuple l'éducation intégrale. (< La masse des lois, dit-il, et leur esprit doit tendre à éclairer le plus possible le peuple, les gens qui n'ont rien, les ouvriers, les prolétaires, etc., afin de faire arriver le plus possible d'hommes à l'état d'aisance qui distingue la masse intermédiaire ..... ». Ainsi que le remarque M. Julien Lemer, on peut donc admettre que le grand esprit de Balzac fut longtemps agité, tiraillé en sens contraire par ces deux tendances, ces deux principes antinomiques: l'utilité d'une aristocratie riche et puissante, de grandes et fastueuses fortunes - et la nécessité, de par la justice sociale et le sentiment de la solidarité humaine, d'élever les masses populaires au plus haut degré de perfectionnement intellectuel et moral. Et vers 1832, alors qu'il vient de publier le o,.fedecin de Campagne et qu'il se présente aux électeurs d'Angoulême comme candidat légitimiste, veut-on connaitre Je programme secret de Balzac. On le trouve dans une lettre à Madame Carrand. (( Mon plan de pouvoir, mes idées sont saines et justes, je le crois du moins. Elles comportent beaucoup plus des vôtres que vous ne pensez. Seulement je prends une route que je crois plus .sûre pour arriver à un bon résultat. Vous ne voyez qu'une partie des intérêts, des choses, des personnes et des mœurs. Je crois voir tout et tout combiner pour un pouvoir politique prospère. Jamais je ne me vendrai. Je serai toujours dans ma ligne noble et généreux. La destruction de toute noblesse hors la chambre des pairs ; la séparation du clergé d'avec Rome; les limites naturelles de la France; l'égalité parfaite de la classe moyenne; la reconnaissance des supériorités réelles; l'économie des dépenses, l'augmentation des recettes par une meilleure entente de l'impôt, l'mslruclion pour tous, voilà les principaux points de ma politique, auxquels vous me trouverez fidèle. Il y aura cohésion entre mes paroles et mes actions. Balzac avait espéré sincèrement un instant pouvoir réaliser ces réformes avec l'aide du parti légitimiste. Il dut être assez cruellement désabusé, par le peu de conviction de ses coreligionnaires. Enf111n'affirme-t-il pas encore son souci d'être éducateur et réformateur lorsque, dans une lettre du 3 octobre 1831 écrite à Mme de Castries, il affirma que la <"Physiologdieu mariage (( fut un livre entrepris dans le but de défendre les femmes. » Dans cette même lettre, il dit : (( Il n'y a pas de mariage heureux
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