DAL7.AC SOCIALISTE 593 de Balzac y paraît entraînr par un double courant. Si d'un côté il a des tendances à respecter l'autorité : d'autre part, il est tout prêt à s'insurger contre la foi, tyrannie sans bornes. et ce monarchiste catholique se double d'un très énergique libertaire. Nous poursuivrons tout à l'heure cette démonstration, mais avant qu'on nous permette de citer encore quelques opinions, à l'appui de notre thèse. Des écrivains et non des moindres, ont à diverses époques, exprimé un jugement peu différent de celui de Jules Janin. M Julien Lemer nomme d'abord M. Anatole de la Forge, qui a pris texte de z. Marcas, qu'il compare à Gambetta pour ranger 13alzac parmi les serviteurs de Li Dé111ocr,1fie t lui consacrer à ce titre un remar_ quabte article dans le Siècle du 1•• août 1883. Mais voici qui est mieux encore: En 1868 et 1869, l'auteur de Bal?,,1C.sa v1,•. son œuvre, eut l'honneur de se trouver à Bruxelles à la table de Charles Hugo, avec son illustre père. M. Julien Lemer trouva à ces instants l'occasion de soutenir la thèse de Balzac socialiste devant le poète, mais alors Hugo, ne pouvait oublier que peu de jours avant sa mort, Balzac avait fait parade devant lui de ses convictions royalistes et catholiques et avait presque failli le plaindre de s'être attaché à la cause du peuple, et il hésitait encore malgré certaines tendances intimes à admettre cette idée de son interlocuteu •. « Je lui répondais, écrit M. Julien Lemer, que si Balzac n'avait été jusque-là démocrate que secrètement et inconsciemment il le serait devenu plus tard ouvertement, entraîné par la force des choses, par la logique de son raisonnement et par la puissance de son génie. ,< Lors de la dernière visite que je fis à Victor Hugo à Bruxelles, comme après le dt!jeuner nous étions restés seuls tous deux dans le salon où il me donnait quelques notes pour une étude biographique destinée au Plutarque populaire, il s'interrompit, me montrant quelques volùmes de la Co111édfr humaine épars sur un guéridon, et me dit : « Eh bien et celui-ci, vous ne m'en parlerez plus? Savez-\·ous,comme disent les Belges, je crois que vous avez raison. Ce grand homme avait le cerveau et le cœur démocrates. Il n'avait de monarchiste que l'imagination. Il ne se serait pas passé longtemps avant qu'il en vint lui aussi à confesser les beaux dogmes de la démocratie; d'ailleurs, s'il eut résisté jusque-là, le 2 décembre 1851 l'eût certainement éclairé de sa fulgurante lumière. Le coup d'Etat a été pour les esprits intelligents et les cœurs honnêtes attardés encore dans les ornières de la doctrine monarchique, ce que fût pour saint Paul le chemin de Damas>>. Avant d'édifier tout à fait nos lecteurs par une analyse des œuvres de Balzac, nous voudrions laisser avouer encore une fois à Balzac personnellement, (car c'est dans sa correspondance qu'on peut trouver les preuves les plus concluantes) ses théories politiques. 38
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