LA REYl:E SOCIALISTE A la lecture de Balzac, j'avais déjà moi-même, été frappé très vivement de la façon grandiose dont le romancier envisageait la politique, surtout dans cet admirable &édeci11de Ca111p.1g11e, que je souhaiterai de grand cœur, avec M. Julien Lemer,voir davantage connu. En des conférences faites à la Société du Progrès Social il y a deux ans, sur !',Art et le Socialis111P, je n'avais pas hésité en signalant ces remarques, à placer Balzac au nombre des écrivains précurseurs de nos idées, avec les Chateaubriand, les Hugo, les Sand. On doit comprendre et excuser pour cette raison la joie que j'ai éprouvée à retrouver cette opinion soutenue par M. Julien Lemer, avec une compétence que je ne pouvais avoir et devant laquelle je m'incline avec empressement. Balzac socialiste ! Cette thèse que nous allons développer, peut paraitre singulière dès l'abord à ceux qui se souviennent de l'Avantpropos, publié par Balzac, en juillet 1842 - où le romancier énonce les principes qui lui ont servi de base en son œuvre. Mais qu'on veuille bien relire ce passage : (< L'homme n'est ni bon ni méchant, il nait avec des instincts et des aptitudes, la Société loin de le dépraver comme l'a prétendu Rousseau, le perfectionne, le rend meilleur; mais l'intérêt développe au~si ses penchants mauvais. Le christianisme, et surtout le catholilicisme, étant, comme je l'ai dit dans le Médecin des Ca111pag11l!s un système complet de répression des tendances dépravées de l'homme est le plus grand élément d'ordre social. .. ; l'enseignement, ou mieux l'éducation par des Corps Religieux est donc le grand principe d'existence pour les peuples, le seul moyen de diminuer la somme du mal et d'augmenter la somme du bien dans toute société. La pensée, principe des maux et des biens ne peut être préparée, domptée, dirigée que par la religion. L'unique religion possible est le Christianisme .. . . . Le Christianisme a créé les peuples modernes, il les conservera. De là sans doute la nécessité du principe monarchique. Le Catholicisme et la Royauté sont deux principes jumeaux. . . Sans être ennemi de !'Election, principe excellent pour constituer la loi, je repousse !'Election prise comme1111iqumeoyensocial et surtout aussi mal organisée qu'elle l'est aujourd'hui, car elle ne représente pas d'importantes minorités aux idées, aux intérêts desquelles ~ongerait un gouvernement monarchique. L'Eiection étendue à tout, nous donne le gouvernement par les masses, le seul qui ne soit point responsable, et où la tyrannie est sans bornes car elle s'appelle la loi». Et que notre lecteur consente à peser maintenant chaque terme de cette profession de foi, à en scruter la pensée dominante, peut-être y déco,uvrira-t-il assez aisément tout le contraire des sentiments absolument absolutistes qu'elle prétend affirmer. Nous ne nous payons pas de mots. Pour tout esprit de bonne foi cet exposé est concluant. L'esprit \
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