54 LA REVUE SOCIALISTE Le péril. cependant, déjà si manifeste eo 18137,n'a f:iit, ea ces vingt dernières années, que croitre avec une effrayante intensité. L<' chiffre annuel des naissances qui, en 1867, alteignait et même dépassait un million, est tombé, de chnte en chute, à moins de 900.000. Soit un déficit de pri>sd'un million et demi sur les chiffres antérieurs, qui, eux-mêmes, accusaient une di-• minution déjà considérable. Cette annfo, lïntensitù du phénomène a pu èlre constatée. La dernière statistique accuse cet effrayant symptome: l'excédent des décès sur les naissances! Les prévisions de M. Le Fort sont, on le voit, bien près de se réaliser. Après l'Irlande, la Franco est le pays de l'Europequi voit sa population diminuer le plus rapidement. :\fais le dépeuplf'ment de lïrlando provient de l'émigration de ses habitants pauvres; tandis que le dépeuplement de la France provient presqu'uoiquement de ce fait: cc ::'ious ne fai-• sous pas a5sez d'enfants. » L'accroissement comparatif des principales populations. européennes résultant essentiellement de l'excédent annuel des naissances sur les décès est: pour la Russie et l'Autriche de 8 habitauts par 1,000; pour l'Ecosse et la Pru:;sc, de 9; pour l'Angleterre, do 12; pour la Saxe, de 16; pour la France, de 2 et une fraction. l'iotro population s'accroissant dans une proportion environ quatre fois moindre que celles de la Prusse, de la Russie et del'Autriche. et six fois moindre que celle de l'Angleterre, il :;'ensuit que, chaque année, l'Autriche s'accroitrait de 328,C0O· habitants; l'Angleterre; de 468,000; l'Allemagne, de 400,0üO enviro11; la Russie, de 800,000; tandis que la France n'augmenteque de 80,000 1 - E11core faut-il remarquer que si, commesemble lïndiq uer la statistique de 1890-91, le mouvement. d'accroissement, si faible pour la Fnnce, cesse, et est remplacépar un mouvement de recul, la dépopulation sera accélérée dans • une mesure hors de toute comparaison. En sorte que, dans moins d'un demi-siècle, par exemple, la. population de l'Angleterre serait de 160 millions; celle de l'Autrichr, d'environ 58 millions ; celle de l'Allemagne, de 66 millions; crllc de la Russie, de 130 millions. Et la France, bien loin en arrière, ne compterait pas au-delà de 4i millions d'habitants ! Voilà le péril, bien évident, jusqu'à présent inévitable~ péril réellement national, car il entraîne la ruine ou tout au moins la subalternisation de ce qui constitue matt,'.,riellement.
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