LUIWIS SOCHLISTES 563 le mot de bienfais:mce qu'il a eu l'honneur et qu'il est digne de créer. Ce mot le résume et le caractérise admirablement. (E. de Pompery : la Morale naturelle et la '7?...digio1d1e l'Humanité.) A une époque aussi soucieuse du bien moral et social, les chercheurs d'une société idéale devaient abonder, et, en effet, abondèrent. Au courant de la plume, nous pouvons rappeler: Fontenelle : la République des Ajaoie11s ou des <?bilosopbes. Varaisse d'Alais: la République des Sévérambes. Van der Nech: la République de Cessarès. Pechmejan : le Télèpbe. J. et J• d'H ... : Projet d,1 Com111111za11p/ébilosopbe. Gaudence de Lucques: Mémoires. Terrasson; Setbos, l'A11ihropophrle. \Vielland : le Miroir d'Or. Mably: les E11/relims de Pbocùm. Montesquieu : les 'Troglodites, dans les Lettres persanes. Marmontel : divers chapitres des fllcas et des Con/es moraux. Viennent ensuite avec des plans utopiques divers : Mercier, Cumberland, André Brun, Rétif de la Bretonne, Bernardin de Saint-Pierre, Tiros de Beplas,Florian ... la liste serait interminable,notre grand Diderot lui-même a sacrifié sur l'autel de !'Utopie communiste, par sa '7?._épublique des Galligènes et son Supplément aux vo;•ages de '13011ga111vilk M11isaucun de ces bâtisseurs de sociètés idéales ne s'éleva, en tant -que novateur, à la hauteur de Morelly qui mourut inconnu, laissant une œuvre si vivante. Ce modeste instituteur d'Etampes, ne pouvait même pas signer ses ouvrages à cause de sa situation dépendante, il débuta par la Basiliad~, une utopie idyllique dans laquelle il décrit une Humanité souveraine consciente du Globe et s'épanouissant dans les délices de l'excellence morale, de l'épanouissemet libertaire et de la solid~rité fraternelle, enlin réalisées. Morelly publia ensuite le Code de fa nature où il élabora un plan de reconstruction sociale qui, par les découvertes sociologiques et l'abondance des conceptions originales, supporte la comparaison avec !'Utopie de Thomas More. Aussi le Code de la Nature publié sans nom d'auteur, en 1753. fut-il de suite attribué à Diderot. L"auteur de Jacques le Fat.iliste, du Neveu de Rameau, des Éleutbéromanes, le puissant édificateur de l'Encyc!opédie avait paru le seul cerveau capable d'aperçus si fouillés et de novations si hardies. Dans l'intérêt de l'œuvre sans doute, Diderot et Morelly laissèrent dire, si bien qu'encore en 1798, La Harpe croyait toujours que le terrible livre était l'œuvre de Diderot. Et de quelle haine ce rénégat du philosophisme poursuivait et l'auteur présumé et l'œuvre ! <, Passe, pour les autres utopies, dit le haineux et apeuré auteur du Cours de Littérature, mais ce Code est tout autre chose, c'est la conception méditée d'un esprit ardent, sombre et mélancolique ; d'un réformateur impérieux qui a pris dans la plus. noire haine tout ce que les hommes ont fait et pensé avant lui, qui déclare ias.ensé et. coupa-
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