LGNDIS SOCIALISTES 561 distribuent selon les besoins de chacun, dans la mesure des ressources communes. Outre l'agriculture. aux travaux de laquelle tous participent, chaque Utopien apprend un métier. Les jeunes hommes se font maçons, menuisiers, forgerons, ferblantiers, tisseurs, etc. ; les jeunes femmes apprennent surtout les métiers qui concernent le vêtement : filage, blanchissage, couture. etc. Si quelqu'un veut changer de métier ou s'il veut apprendre plusieurs métiers, on le lui accorde tout de suite. Mais tous doivent travailler six heures par jour, en retour de l'abondance dont ils jouissent. Trois heures avant midi, repos de deux heures, et un autre repos trois heures après miJi. 011 va au travail comme à 111j1èete et 011 revimt de mêmeau son des i11str11111mdetsmusique. Huit heures sont accordées au sommeil et chacun emploie, comme il l'entend,les heures de loisir. Les salles d'études sont toujours ouvertes à tous. L'été dans les jardins, l'hiver dans les salles, on fait de la musique, on s'exerce au chant, aux échecs et aux jeux innocents et agréables de tous genres. Quand nous aurons ajouté que la description de l'organisation utopienne est précédée d'une critique, qui supporte encore la comparaison avec celle de Marx, des envahissements de la grande propriété anglaise on admettra que nous n'avons pas trop loué le grand ancêtre du communisme moderne. Parmi les imitateurs de Thomas More, on cite : Francesco Doni (le Ovro11dedes sages), Giovanni Bonifacio (la Cf?._épubliqduees Abeilles), Fénélon (le Télémaque), mais surtout Campanella, le célèbre auteur de la Cité du Soleil. Villegardelle, le fidèle traducteur de More et de Campanella,avance que la Cité du Soleil est supérieure à l' Utopie. Cette appréciation n'est pas soutenable. Campanella est tout à fait rétrograde sur la question de la famille, puisqu'il revient purement et simplement aux idées platoniciennes et qu'il sacrifie entièrement la liberté individuelle, en armant ses magistrats sacerdotaux d'un pouvoir absolu. li ne fut supérieur à More que par son cosmopolitisme qui devançait les temps et qui lui faisait dire : ,1 Puissent les peuples s'unir dans une communion pacifique,la science multipliée, et les échanges et les voyages augmenter le bien-être et les lumières de tous ». C'est en toute justice quel' Utopie garda sa supériorité, et que, pour deux siècles et demi, elle devint le livre maître des novateurs, et agit puissamment sur les esprits émancipés. De cette action lente, mais forte, nous trouverons encore des traces chez les hardis réformateurs du XVIII• siècle, qui vont maintenant s'offrir à notre analyse. Mais nous ne passerons pas aux vigoureuses élaborations sociales de cette grande époque, sans saluer un grand et généreux méconnu du XVII• siècle qui fut si stérile en conceptions novatrice~. Le Testament du curé &eslier publié seulement en 1760 par Vol36
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