La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

COXCEPTIOX EXPÉRnlEXTALE DE LA VIE 510 -diversement conçue et dénommée suivant les Ecoles, donnant et transmettant son activité à tout ce qui Est; substance, dite matérielle, pos- -sédant une énergieinitiale diversement interprétée suivant la variété de matérialisme. L'idée d'attribuer une activité propre, inh~rente à une substance -quelconque aussi bien qu'à la matière, est tout à fait contradictoire à la conception que nous pouvons nous faire d'une propriété, i:,uisqu'une propriété n'est et ne peut être que la résultante d'un rapport, d'une relation. Depuis que nous avons acquis la notion de la loi Physique, nous sommes portés à attribuer à la Loi ce que les anciens attribuaient à la Substance : il y a lâ un danger d'illusion dont il importe de se .garder. Nous avons déjà insisté, m::iisnous ne saurions trop le répéter, pour montrer qu'il ne s'agit pas et qu'il ne peut pas étre question pour nous, de connaitre la nature vraie, la nature intrinsèque des choses, la " chose en soi », mais simplement de savoir comment les choses se -déterminent en nous et comment elles nous sont connaissables, connues, compréhensibles et comprises, dans leurs rapports et dépendances réciproques. Donc, encore une fois, quand nous disons que tel phénomène est soumis à telle loi, cela ne veut pas dire que cette loi est la cause réelle, effective, du phénomène, mais qu'elle est pour nous, dans l'état actuel de nos connaissances, l'expression la plus adéquate -que nous ayons du rapport, des circonstances ou des conditions dans lesquelles ce phénomène nous apparait. Aussi, faut-il encore distin- .guer la Loi proprement dite de la Théorie: la Pesanteur, la Gravitation. l' Attraction sont des Lois en ce qu'elles impliquent un rapport qui nous semble nécessaire, c'est-à-dire une séquence11écessaire, tandis que le Spiritualisme, le Matérialisme, le Panthéisme, !'Evolutionnisme, le Darwinisme, etc., ne sont que des théories. Il en résulte que nous ne devons pas confondre les idées que nous nous faisons des choses d'après telle ou telle séquence de représentations antérieures ou théories, et la façon dont les phénomènes se pas- -sent réellement. Nous avons déjà dit combien il importe de rectifier, -de corriger, de confirmer nos perceptions, nos connaissances, les unes par les autres. li nous est donc facile, maintenant, de comprendre la nécessité de ne pas juger du phénomène de la Spontanéïté de la vie seulement d'après nos idées antérieures aux notions nouvelles, scientifiques, expérimentales, c'est-à-dire, rectifiées, corrigées, confirmées les unes par les autres. Sans cela, nous courons risque de conserver, sur ce point, des idées peu en rapport avec notre conception générale -de l'Univers, c'est-à-dire des idées fausses, puisque, pour être juste, notre mentalité doit être la résultante de l'ensemble de nos connaissances et doit sans cesse être adaptée au niveau de tous nos pro- .grès intellectuels et scientifiques. Au fond, la spontanéïté de la vie s'est d'abord confondue avec le

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