La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

550 LA REVUE SOCIALISTE Vitalisme, !'Animisme. Mais maintenant que ces théories ont fini leur règne, la spontanéïté a été réléguée au fond mystérieux des propriét.:s vitales de la matière vivante. On se contente de dire que les propriétés ou manifestations de la vie, offrent, quoi qu'on fasse, quelque chose de réellement spécial, essentiellement différent de la matière inorganique, et que ces propriétés peuvent toutes se résumer d'un mot, c'est qu'elles ont la spontanéïté. li n'est pas difficile d'apercevoir au fond decet argument la fameuse conception ontologique de l'énergie propre, inhérente à la substance vivante. Dire, par exemple, que la matière Yivante a la propriété de S..! mouvoir, c'est. ou bien méconnaître lemécanisme de la production de la motilité de l'être vivant, de ses organes moteurs, de ses éléments anatomiques contractiles, du sarcode contractile et des mouvements moléculaires qui le constituent, ou bien faire de la motilité une énergie propre, inhérente à la substance· contractile, c'est-à-dire une entité. En résumé, la spontanéïté n'est que la résultante, que l'expression du mouvement de la vie, et, pour en bien comprendre toute la relativité et la non-substantialité, il est indispensable de faire l'étude générale des propriétés de la matière vivante, c'est-à-dire des diverses manifestations de la Vie, la Nutrition, la Sensibilité, la Pensée. DrJulien PIOGER.

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