La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

514 LA REVUE SOCIALISTE aux sciences naturelles. aux sciences biologiques ce que sont les manifestations, les propnëtès de la vie, c'est soumettre ces fameuses propriétés Yitales à l'analyse si nous voulons arriver à nous en faire une idée en rapport avec notre connaissance expérimentale en général et avec notre connaissance de la vie en particulier. En résumé, la vie ne nous est connue ni connaissable qu'abstractivement comme l'expression de la propriété commune à tout ce qui vit dans ses formes infinies qui constituent le ??.,_ègonrega11ique. C'est un simple artifice de notre entendement pour marquer d'un seul mot la différenciation que nous percevons entre ce qnit vit et ce qui 11evit pas; il n'y a donc là qu'une simple perception de rapports. Notre idée générale, abstraite de la vie n'implique pas et ne peut pas impliquer une Réalité substantielle, une Entité de la vie << en elle-mème », car alors il faudrait que la vie fùt wre cbose absolument simple, existant par ellemême et en dle-même,sans aucun rapport ni relation pour la dét,m11iner, ce qui est inconcevable, impossible. D'autre part, la vie n'est encore qu'une abstraction lorsque nous en faisons l'expression de l'ensemble des caractères par lesquels nous reconnaissons qu'un organisme est vivant; ici, en effet, la vie suppose nécessairement les propriétés qui font que cet organisme est vivant. De sorte que, dans tous les cas, la question de la vie se réduit toujours à la connaissance que nous avons des caractères, propriétés ou fonctions des être vivants. Ce qui veut dire que notre idée de vie n'est que la résultante, que la généralisation par abstraction des diverses perceptions que nous avons des différentes manifestations de la vitalité, absolument comme nous avons vu que notre idée de matière n'est que la résultante, que la généralisation par abstraction de nos diverses perceptions de la matérialité: Aussi voyons-nous notre idée de vitalité se modifier profondément sous l'influence de nos connaissances des fonctions ou propriétés vitales : Ce n'est plus de la vie que nous parlons maintenant, c'est de la matière viva11te ; on essaye bien encore d'invoquer l' « essentialité » de ses propriétés pour maintenir une dernière barrière entre le Monde organiqne et le Monde Physique ; mais il va nous suffire d'analyser à la lumière de la science expérimentale ces fameuses propriétés vitales pour voir s'évanouir le fantôme de leur essentialité dans une insensible transition des Phénomènes Physiques aux Phénomènes organiques et de ceux-ci aux Phénomènes organisés ou vivants proprement dits. 11. DE LA MATIÈRE VIVANTE. Tout le monde est d'accord pour reconnaître à la Matière viva11fe des propriétés spéciales; mais quand il s'agit de préciser le caractère de ces propriétés, le désaccord est manifeste : les uns en veulent faire

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