La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

COXCEPTION EXPÉRn!EXTALE DE LA \'IE 530 Qu'est-ce donc que la vie? Et. si cette question capitale est restéejusqu'ici sans réponse satisfaisante, est-ce donc parce que le problème est insoluble, ou ne serait-ce point simplement parce qu'il 'I été mal posé? Sans entrer ici dans l'examen inutile de toutes les définitions qui ont été données de la vie, nous n'avons qu'à remarquer qu'une définition ne peut étre qu'une tautologie, idemper iJem, comme disaient les scolastiques grands faiseurs de définitions, ou impliquer une théoriede la vie, et, par conséquent, n'avoir d'autre valeur que l'hypothèse qu'elle se trouve impliquer nécessairement. Ce qui frappe le plus quand nous essayons de savoir ce que nous. pensons de la vie, quand nous cherchons dans leurs écrits ce qu'en disent les philosophes et les savants, c'est le vague et la confusion de l'idée que tous se font de la vie, c'est l'impossibilité de saisir, de discerner ce qui caractérise exactement la vie et la différencie de ce qu'elle n'est pas. li est bien incontestable que c'est là un effet de l'extension de notre connaissance des manifestations de la vie, car nous ne saurions. établir une limite nette, fixe, entre ce que nous considérons aujourd'hui et ce que nous pourrons être amenés à considérer demain comme l'extrême limite de la vie. C'est que, plus nous allons, plus la science étend le domaine de la vie. en même temps qu'elle en précise davantage les. caractères et les propriétés et en atténue de plus en plus les diRërences dites esse11tielles: La matièrevivante ne nous apparait plus comme essentiellement diffüente de la matière brute. On a beau invoquer des diffétences capitales, nous commençons à ne plus pouvoir méconnaître que la mécanique animale nous dévoile les plus grandes analogies entre les mouvements phy-iologiques et les mouvements de toutes sortes que nous étudions dans le monde physique ; la physique et la chimie biologiques ne nous permettent guère de conserver l'idée de différences essentielles entre les propriétés physico-chimiques des corps vivants et celle des corps physiques. Toutefois, si nous n'en sommes plus à l'idée du prmcipal vital, ceserait cependant une erreur de croire que nous sommes arrivés à une conception expérimentale de la vie. Nous soupçonnons même très peu en général à quel point nous restons réfractaires aux données les plus. simples, les plus banales, que nous révèlent constamment les faits d'observation, d'expérience et d'expérimentation. Nous les acceptons. couramment CÇ>mmearticle de foi scient[fique, mais nous en méconnaissons complètement la signification dans notre mentalité pour ce qui concerne notre conception vraie, expérimentale de tout ce qui a trait à la vie. Partout la science nous montre la vie comme la simple résultante des propriétés de la matière vivante ; partout la science nous. montre que les propriétés de la matière vivante sont de simples résultantes du jeu d'actions et réactions des propriétés de la matière-

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