538 LA REVUE SOCIALISTE CONCEPTION EXPÉRIMENTALE DEL VI 1. Qu'EST-CE QUE LA VIE? Le problème de la vie a été la question par .excellence du philosophisme: chaque doctrine sur la vie a été la clef de voûte d'une école philosophique. La vie est le pivot autour duquel ont tourné les intelligences de tous les temps à la recherche obsédante de l'insaisissable mystère. Partout et en tout nous retrouvons dans le passé, nous. reconnaissons dans le présent, nous entrevoyons dan$ l'avenir, cette même obsession du problème primordial de la loi de la Vie. C'est que, en réalité, nous sentons implicitement, instinctivement, que tout ce qui intéresse notre pauvre humanité se rattache intimement et nécessairement à la loi même de la vie. N'est-ce pas ce qui explique et ce qu'implique l'anthropomorphisme des premiers âges, d'où sont nées toutes les religions, et les religions n'empruntent-elles pas leur raison d'être et leur succès à la préoccupation par excellence de la vie, au problème de l'origine et de la destinée des êtres, absolument comme la médecine est née et a vécu du souci de la conservation de la vie? La philosophie ne se résume-t-elle pas en somme à la double conception spiritualiste et matérialiste de la vie? La civilisation n'est-elle pas le résultat de la recherche et de la conquête de$ moyens et des conditions de la vie? Nos rêves et nos aspirations, nos craintes et nos désirs, chantés par les poètes de tous les temps, sont-ils donc autre chose que l'expression de notre amour de tout ce qui tient à la vie? Le but suprême de l'art. n'est-il pas de reproduire, de fixer, de perpétuer la sensation, l'illusion de la vie? La science, la recherche infatigable de l'inconnu, n'ont-elles donc pas toujours le même et unique but, la vie, soit pour en pénétrer les secrets, soit pour en faciliter les manifestations? La question sociale actuelle ne puise-t-elle pas sa force irrésistible aux sources. mêmes de notre instinct de conservation ?
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==