La Revue socialiste - 1892 - Tome XV - vol 01

531 LA REVl:E SOCIALISTE D'abord, il est bien évident que c'est là seulement une théorie ou une hypothèse non vérifiable, puisqu'elle dépassepar sa définition même le domaine de la démonstration expérimentale. Au delà de la limite de nos perceptions, on admet qu'il existeencore quelque choc et on se livre à des recherches touchant la constitution possible de cc neseio quid. Les conclusions formulées par notre éminent ami, si plausibles qu'elles soient, plongent forcément dans l'incertain et dans lïncon nu. Rien n'en prouve et n'en prouvera probablement jamais t·exactitud!) ou la fausseté. La théorie de l'Etller même.qui porte avec elle cependant birn desprobabilités d'ordre expéri menta! et d'ordre mathématique, u'est qu'une explication très rationnelle et presquenécessaire des faits, et non pas une acquisition ferme. Le reproche précédent, si léger qu'il soit (car toute généralisation scientifique très vaste contient toujours une part d'hypo• thèse, exemple la théorie de l'Evolution) ne peut pas être év\té. On doit le compléter en ajoutant que !'Abstraction aussi :,'y montre à un haut degré. Pour y échapper il faudrait définirl'fnfinitésimc la plus petite particule de matière perçue. Voil~ qui serait encore concret, réel, (au sens expérimental) tandis. que la doctrine du docteur Piogcr veut atteindre ce qui n'e t. pas perceptible, c'est-à-dire inexistant.pour nous; du reste,touteloi générale comporte par nature une certaine quantité d'abstraction, proportionnée à la généralité même de la loi. CetLt:idée des choses peut-elle ~tre qualifiée de conception métaphy ique '? Elle y touche pre que, mais se tient sagement. à l'écart de toute vue ontologiq ue,dc toute spéculation précise surle fond même et la nature de la réalité en soi. Elle marqur seu·· Jement le point ou cesse la condition nécessaire de la connaissance scientifique. Elle suppose l'au delà possible, mais commecet au-delà est incognoscible, scientifiquement elle donne encoreune dernii,re << silhouette» du réel d'après les probabilités expérimentales, mais elle ne tente rien au delà échappant ainsi au reproche de métaphysique et s'arrêtant sur le bord même d•~ l'abime. Les Infinitésimes sont animés d'un mouvement également. Infinitésime, c·est-à-dire indiffércnciablc, mais capable d'unesérie infinie de combinaisons pOS!\ibles, de directions réciproques. Quand denx corps, deux forces, deux mouvements parfaitement égaux se font diamétralement opposition, ils entrent eu equili/Jre, Deux infinitésimcs ainsi unis forment un couple c'està-dire un système dyuamique composé de deux éléments en rotation autour de leur centre de gravité, (centre d'equilib1·ation). Le mouvement de translation dans l'espacea été chang&

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