UIŒ COXCEPTION EXPÉRnlEXTALE DU ~IOXl>E PHYSIQUE 533 tifiques à cause des tendances métaphysiques qu'rllrs contiennent. On sent que les savants ont voulu trouver un substractum à tous les phénomènes dont ils constatent la fuyante mobilité. Pleins de l'idi•c abstraite de substance, ils ont perdu de vue que l'objet de la science est de constater simplement des rapports, -desrelations permrtlant de distinguer la chose perçue de ce qui n'est pas elle et du néant: d'où lïnutilitéctla contradiction qu'il .Ya« à chercher 11nsubstratum, une sub tance à un fait de rela- « lion, à un rapport, autre q11ecette relation ou que cc rapport « même >>. A ces idées qni impliquent toutes un concept de réalité .absolue, une théorie relative à la constitution de la molièrc- .subslance, qu'il faut bien distinguer de la mntière-sensrrlion, le docteur Julien Pioger substitue une doctrine forcément hypothl>tique mais éloignée de toute spéculation onthologiqne sur l'Etre en lui-même. Arrin\ à un certain point la matière, au sens expérimental et non métaphysique du mot, cesse d'ètre connaisMble. Il existe bien encore quelque chose, maisccquclque chose n'est plus perceptible. Cc n·e~t pas la matière qui est arbitrairement limitée comme dans le système des atomes. c'est seulement la conception que nous pouvons en avoir. Le point de limitation est pris non dans les choses dont l'essence nous est inconnue mais dans la connaissance que nous pouvons en acquérir. L'In(l,tilesime désigne le degré ou les objets nons deviennent inconcevahles, sans emporter avec lui l'idée de néant. Chaquf' in(initésime ne peut être conçu que comme animé <l'un mouvement infinitésimal, c'est-à-dire non différenciable. l'ious revenons donc par une autre voie aux concepts de Masse et d'energie, mais avec cette différence capitale qu'au lieu de les présenter comme des Ué1Jlites des EntiLes, nous l<•s -considérons comme les abstractions les plns générales que nous puissions extraire du monde physique: Cesabstractions mèmc 11esont que l'expression d'un rapport g{•néral entre les choses. L'lnfini, c·est-à-dire non pas l'infini absolu rt réel d~s métaphysiciens, mais le non-différenciable, le non-cognoscible de 11otreauteur est rempli <l'Intinitésimcs « c'est un fluide parfait « dans lrquel chaque lnfinitésime est à l'état d'équilibre indif- « férent supportant dans tous les sens une pression égale. » Dès que ers Infinitésimes se groupent de façon à devenir accessibles à nos sens, ils apparaissent alors sous la forme rnatièr/'.- sensalion et deviennent objets de notre connaisance toujours relative. Si ingénieuse, si _intéressante que soit celte originale con- -ception, nous ne pouvons cependant nous empècher de formuler quelques objections.
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