521 LA REVUE SOCI.alLISTE Je n'entreprendrais pas d'exposer dans le détail comment cet homme de génie enh>nd le mécanisme des diverses fonctions de la vie sociale. Assurémen L, il y a là des vues aussi jus tes que neuves et profondes, mais on y trouve aussi de quoi rire et crit iq uer. Il y av ait trop d'ambition à décrire dans le détail commense passeront les choses en l'an trois mille et plus? Mais il y a certains poi11tsde première importance qui ont été mis hors de toute contestation. L'homme étant pourvu de diverses facultés physiques et morales, d'aptitudes nombreuses ne doit pas être rivé à une seule fonction. C'est un Protée, il ne faut pas !e réduire au rôle de mollusque. Par la même raison l'homme doit alterner l'emploi de ses forces. En sa qualité d'être sociable, il aspire au travail par groupes et en commun. L'association à tous les degrés et sous toutes les formes est manifestement dans le vœu et l'intérêt des hommes. Dans presque tous les travaux, le concours des femmes et des enfants est non moins favorable à la production qu'au maintien du charme et du bon accord entre les travailleurs. Point d'ordre sans une hiérarchie, qui sera plus ou moins mobile et variée dans ses formes; mais comme cette hiérarchie sera toujours fondée sur l'élection, faite par des compétents titrés selon le mérite reconnu de chacun, il est raisonnable, d'en attendre d'heureux effets. Je n'eu dirai pas davantage. C'est déjà bien assez et peut-être trop selon la disposition d'esprit du lecteur. L'homme supérieur qui a eu la conception géniale de fonder la paix et le bonheur social, sur l'exercice de l'activité humaine, c'est Fourier. • * L'immortel Rabelais avait eu l'idée d'une société de gens libres, éclairés, voulant le bien commun et le pratiquant. Mais Rabelais ne pouvait indiquer par quels moyens le but serait atteint et comment ces choses seraient possibles. C'était toujours dans l'ensemble du monde un petit groupe choisi, bénéficiant de la richesse produite par le grand nombre, qui demeurait dans la peine et la misère. Les Thélemiles vivaient honnêtemenl dans l'abondance et même le luxe. Tous étaient instruits et cultivés, aimables et bieilveillants, occupés seulement de se distraire et de s'amuser en bonne compagnie. Ils ignoraient que le premier de tous les plaisirs, c'est l'exercice normal de ses forces, ayant pour fésultat une utilité sociale.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==